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jeudi 7 janvier 2016

SKREWDRIVER 1977-1979 : Un joyau du Punk Rock à (re)découvrir


N'en déplaise aux flics de la pensée de tous poils, SKREWDRIVER s'est révélé jadis, à l'aube de sa création, l'un des meilleurs et des plus remarquables groupes Punk Rock de la première vague.


Il suffit, pour s'en convaincre, d'écouter -et de réécouter sans modération- les treize titres de leur mythique premier album "All Skrewed Up", sorti en 1977 sur Chiswick Rds, label britannique lui-même devenu légendaire pour avoir eu le bon goût d'éditer sur vinyl, entre 1975 et 1983, de vieilles productions d'artistes aussi incontournables que MOTÖRHEAD (1er album), THE DAMNED, THE 101'ERS (futur THE CLASH), RADIO STARS, TV SMITH, JOHNNY MOPED, LITTLE BOB STORY, THE RINGS et autres JOHNNY AND THE SELF-ABUSERS (futur SIMPLE MIND !), pour n'en citer que quelques-uns.
SKREWDRIVER fut formé sous l'égide de Ian Stuart en 1976 dans la petite ville de Poulton-le-Fylde, au nord-ouest de l'Angleterre, à dix kilomètres de Blackpool. Le nom du groupe signifie "tournevis" en français, et est une allusion au fait que les mauvais garçons britanniques de l'époque, contournant la prohibition des couteaux, se servaient de cet outil en guise d'arme dans le cadre de leurs combats de rue. Fortement influencé par les SEX PISTOLS, grand nom du Punk Rock britannique de l'époque, le groupe ne passera pas inaperçu en raison de son penchant prononcé pour la provocation. A cette époque, le groupe se veut cependant apolitique, et du reste, l'état d'esprit qui imprègne les textes de ses chansons s'inscrit pleinement dans celui du mouvement punk de l'époque.


 



Cette première mouture de SKREWDRIVER, à distinguer nettement de celle qui suscitera la polémique voire l'opprobre par la suite, nous gratifiera de 1977 à 1979 de trois EPs respectivement intitulés "You're so dumb", "Antisocial" et "Built up, Knocked down", et surtout, de leur unique album "All Skrewed Up", sorti en 1977 et aujourd'hui tout aussi apprécié des connaisseurs que convoité par les collectionneurs, ses pressages d'origine se négociant de nos jours à des tarifs souvent prohibitifs.
Chaque repressage plus ou moins pirate, que ce soit sur support vinyl comme sur CD, s'arrache littéralement, et  à l'écoute, on comprend aisément pourquoi. L'objet du délit se décline en treize compositions courtes et  simples mais énergiques et rageuses, se succédant avec urgence durant les trente minutes à peine que dure le disque, dans la plus pure lignée des meilleures références de l'époque. Un côté brut, spontané et authentique,  aux racines Rock'n'roll bien présentes, fait que l'on serait fortement tenté de classer la musique et le son du groupe quelque part entre les premières morsures de SLAUGHTER AND THE DOGS, et les premières décharges d'adrénaline stoogienne de THE SAINTS, la légende australienne.



SKREWDRIVER ne fut pas véritablement un précurseur de la OI! -et encore moins du RAC- à  cette époque, sauf si l'on tient compte du fait que la OI!, dont découlera le RAC, n'est jamais qu'un sous-courant "prolétarien" du Punk Rock s'adressant à la fois aux punks et aux skins, et qu'elle est donc directement issue du Punk Rock originel, tel celui que pratiquait le groupe à l'époque.





En 1978, Ian Stuart déménage à Manchester, et y recrute le guitariste Glenn Jones et le batteur Martin Smith, en remplacement des membres originels. Ainsi, dès 1978, et donc peu après la réalisation de l'album, SKREWDRIVER avait déjà changé de formation. De plus, le groupe a déjà, à cette époque, la fâcheuse réputation d'attirer la violence à ses concerts. Et petit à petit, il joue devant un public composé en majorité de skinheads.  


Le groupe se séparera en 1979. C'est l'évolution personnelle de Ian Stuart, initiée par ses contacts avec le milieu skinhead, qui le poussera en 1982 à former un nouveau groupe du même nom, mais composé de membres tous différents de ceux des formations précédentes.  A l'exception bien sûr de lui-même, leader de la formation. On peut donc dire que cette nouvelle mouture de SKREWDRIVER, d'obédience skinhead néonazie et racialiste, devenue fer de lance de la mouvance "Blood & Honour" et de la scène R.A.C. ("Rock Against Communism") britannique,  correspond en réalité à un groupe distinct, de la même façon que d'autres on ressuscité des gloires défuntes tout en restant leur seul membre originel. Même sur le plan strictement musical, la filiation est loin d'être évidente, car dès le premier maxi  "Back with a Bang" du "nouveau" SKREWDRIVER, ne seraient-ce que par les intonations du chant de Stuart, il apparaît flagrant que l'on n'a plus affaire à la même chose. Et ce, en dépit du fait que la face B du single est occupée par une nouvelle version d' "I don't like you", reprise d'un des plus grands hits, avec "An-ti-so-cial", de l'album de 1977. Les réalisations ultérieures du groupe ne feront par la suite que confirmer cette tendance.

Cette évidence n'empêche pas, hélas, certains excités de réagir de façon pavlovienne à la moindre évocation du nom du groupe. Triste signe des temps, ceci trahit le plus souvent l'ignorance et la mauvaise foi de fanatiques aveuglés par leur formatage idéologique, et chez qui toute trace discernement se voit abolie. Allez donc tenter de discuter avec des extrémistes bornés. L'infortuné Didier Wampas, cible voici  quelques années d'une polémique grotesque parce qu'il avait osé -ô crime inouï- se faire photographier revêtu d'un t-shirt du premier album de SKREWDRIVER, en sait malheureusement quelque chose...

Didier Wampas dans ses plus beaux atours

Au terme d'une carrière prolifique marquée par de nombreux concerts, et qui laissera derrière elle une discographie conséquente, Ian Stuart décède en 1993 dans un accident de la route, entraînant peu après la fin définitive de SKREWDRIVER.

En dépit des pathétiques gesticulations de quelques agités du bocal qui, au nom de leurs marottes politiques d'essence totalitaire, voudraient nous imposer une sorte de diktat du "musicalement correct", il convient aujourd'hui de remettre à l'honneur ce qui, objectivement, relève des classiques incontournables et quasi-légendaires de la scène de l'époque. Osons le dire : la première mouture de SKREWDRIVER, quoi qu'on en dise et que cela plaise ou non, mérite haut la main  de figurer au panthéon des plus grandes figures du Punk Rock originel, et tout fan digne de ce nom de la vague musicale de l'époque se doit d'ajouter "All skrewed up" à sa discothèque. Qu'on se le dise.

Hanns Wehrwolf



A ECOUTER :
Trois extraits du
mythique premier album
"ALL SKREWED UP"
1977

 
"Antisocial"

"I don't like you"


"Backstreet kids"


lundi 6 juin 2011

RADIO STARS / Martin Gordon : Interview (2006) VERSION FRANCAISE

RADIO STARS
interview exclusive avec
Martin Gordon
 
Beaucoup trop souvent oubliés et sous-estimés, les RADIO STARS étaient pourtant un excellent groupe Powerpop/Punk'n'roll qui mérite d'être reconnu comme l'une des plus remarquables références de la scène 77 britannique.
Par conséquent, je suis heureux de vous présenter une interview avec leur ancien leader !



Interview exclusive de Martin Gordon par Hans Wehrwolf,
pour WARDANCE.NET
Réalisée le 27 août 2006
 
Hell-o Martin ! Peux-tu s'il te plait nous rappeler brièvement la biographie des RADIO STARS ainsi que le line up du groupe, tout particulièrement pour les lecteurs les plus jeunes qui n'ont peut-être jamais entendu parler de toi auparavant ?...
Eh bien, moi j'écrivais les morceaux, je produisais les disques, et je jouais la basse ainsi que le clavier. Il y avait un chanteur sauteur, du nom de Mr Hemisphere, et un guitariste qui ressemblait assez au roi Richard III, mais qui était en fait quelqu'un d'autre. A la batterie, il y a eu une série de batteurs tous plus révoltants les uns que les autres, la plupart ayant rendu l'âme après toute une série d'incidents liés à leur incapacité à rester dans le rythme, à l'exception du premier, Chris Townson. Il avait aussi été membre d'un de mes précédents groupes, du nom de JET, de même que le chanteur Mr Hemisphere et le guitariste Mr King. En fait, ce précédent groupe JET était en tous points identique aux RADIO STARS qui lui ont succédé, sauf au niveau des pantalons que nous portions.
Comme tu m'as parlé du légendaire morceau "Dirty Pictures", souvent imité, jamais supplanté et garanti rentable, je dois hélas t'informer du fait qu'il a en réalité été enregistré par les quatre musiciens en question alors qu'ils se nommaient encore JET. Comme personne n'en avait rien à foutre -en fait mon ancien manager m'avait dit "ne gardez pas ce morceau-là, il est mauvais"- j'ai décidé qu'au lieu de virer ce morceau j'allais le virer lui, et que j'allais changer le nom du groupe par la même occasion. C'est ce qui s'est plus ou moins véritablement passé.

Plus tard sont survenus d'autres ajouts et changements de personnel. Chris Gent nous rejoignait souvent pour les vocaux et le saxo, Trevor White nous a rejoint à la guitare et aux vocaux, jusqu'à ce qu'il finisse par préférer faire le travesti (une triste histoire), Hugh McDowall du groupe THE ELO a fourni les parties de violoncelle, Paul Jones a occasionnellement fait de l'harmonica, Graham Chapman a apporté sa contribution pour l'étrange voix-off, et Anthony Sher a joué Shylock. L'ensemble était dirigé en son temps par Peter Brook.

Le groupe s'est séparé en 1980 lorsque je me suis pris un bon coup dans les dents. Mr Hemisphere a rameuté quelques autres membres et a tenté de continuer mais le public n'a pas du tout suivi, ce qui est compréhensible.

A présent, comme tu l'as tout spécialement demandé, quelque chose pour les plus jeunes lecteurs qui n'ont jamais entendu parler de moi :

“Hello, younger readers who have never heard of me ! It’s me, Uncle Martin ! Look at my big trunk ! It goes Tarrahh ! Tarrahh ! Tarrah ! And all the big nasty animals in the dark dank forest run fastly away away run run run flee flee cos he is very BOG and FRIGHTFUL ! Let’s hide so he cannot see us ! Hide here, hide there, hide everywhere !”
(etc,etc. J'espère que ça suffira, il est bien connu qu'ils ont une capacité d'attention très limitée de toute façon, à cause de McDonald's, des sucreries, de MTV, des narcotiques, et de 97% de la Pop music grand public).
 
Andy & Martin
Comment et pourquoi avoir décidé de former ce groupe, au départ ?
Pour éviter de me lever tôt le matin, j'ai d'abord rejoint un groupe Pop dénommé the SPARKS. J'ai été soulagé non seulement de mon problème de lever matinal, mais aussi de mes royalties lorsqu'ils m'ont viré un an plus tard. Je suis alors retourné me coucher, puis j'ai fini par émerger histoire de passer une annonce dans un journal musical, disant que j'étais prêt à me lever pour toute offre convenable qui pourrait m'être faite. Chris Townson m'a téléphoné, ce qui était un peu bizarre vu que nous nous connaissions déjà. Il a suggéré qu'on forme un duo basse + batterie. Comme nous n'étions que deux, lui à la batterie et moi à la basse, cette formule m'apparaissait alors -et c'est toujours le cas- comme l'expression la plus aboutie du réalisme et du pragmatisme. De façon claire, la définition de buts accessibles n'était pas un problème pour ce magicien des percussions. Mais très rapidement, l'intérêt de ces longs duos de basse et de batterie a disparu, tout comme d'ailleurs les cambrioleurs qui lui ont volé sa batterie. Nous nous sommes donc alors retrouvés avec juste la basse en solo, ce qui, même avec la meilleure volonté du monde, n'avait pas un énorme potentiel commercial. Même nous, nous nous en rendions compte. Pleinement conscients d'être pris entre Charybde et Scylla, nous avons fait appel à un chanteur (Mr Hemisphere) et à un guitariste du nom de Turnip O'Head. Le chanteur portait un anorak vert, le guitariste s'habillait de couleur prune, prétendant qu' il était fortement influencé par les tranquilisants pour éléphants. Peu importait, en peu de temps nous sommes tous devenus fortement influencés par les grosses sommes de fric que CBS nous priait avec insistance d'accepter de leur part, même si ce nétaient pas eux en personne, et même si en fait ce n'était pas vrai. Donc nous nous sommes plutôt cotisés entre nous.

Après nous être déguisés sous une grande variété de costumes, après avoir fait un disque, effectué une tournée avec des amis de DAVID BOWIE puis nous être retirés à la campage pour faire le point, nous avons réussi à trouver un management et une maison de disques dans la même semaine.
Le guitariste a cherché à faire plus de morceaux avec moins d'accords. Et le joueur de synthé a décidé de ne plus nous suivre. (Là, je réalise avec retard que je n'avais pas mentionné le synthé jusqu'à présent dans ma chronologie du groupe. Mais cet oubli est peut-être révélateur de l'importance de son rôle).
Il est parti se lancer dans une carrière florissante d'imitateur de Heinrich Himmler, en jouant du synthé pour Barry Manilow.
C'est à ce moment que nous sommes devenus les RADIO STARS, c'est sacrément évident, je ne sais pas pourquoi je vous ennuie avec ça.
 
Radio Stars, 1977
Pourquoi avoir choisi ce nom de RADIO STARS ? C'était ironique, ou bien...?
 
Je ne vois pas ce que tu sous-entends par "ironique". Comme je l'ai souvent raconté, on avait présenté une longue liste de noms à la maison de disques. Et ils en ont sélectionné un au hasard selon le principe de la plus grande intégrité artistique , en réponse à la question d'un journaliste inconnu à propos de quelque chose qui n'avait strictement rien à voir, probablement quelque chose comme "à quelle heure ouvrent les pubs ?".
A cette époque, les RADIO STARS étaient considérés comme un groupe Punk Rock à part entière, et aujourd'hui le groupe est toujours assimilé à la scène 77 originelle. Pourtant, votre musique était assez atypique pour un groupe Punk Rock, puisqu'elle comprenait beaucoup d'éléments R'n'R classiques, de même que de fortes touches de Pop et de Glam. En fait, on pourrait être tenté de dire que les RADIO STARS étaient davantage un groupe "Powerpop" (punk) qu'un groupe "Punk Rock" au sens habituel du terme. Quelles étaient vos influences exactement, et acceptes-tu cette classification ?
Je faisais ce que j'ai toujours fait, bien ou mal, et j'ai laissé le soin à ceux que ça intéressait (s'il y en a) d'en débattre, de le définir, de le catégoriser, ou de l'ignorer. Toutes ces réponses sont les bienvenues, à des degrés plus ou moins forts. Et mon oeuvre d'aujourd'hui est fondamentalement la même que ce qu'elle a toujours été, juste un peu meilleure.

Les influences ? Eh bien des trucs normaux, vraiment : le loyer, la bouffe, l'électricité, et les économies faites pour acquérir un petit cottage à la campagne, avec un chien et demi et vue sur la mer.
Avec quels autres groupes plus ou moins connus de cette époque aviez-vous joué ? Est-ce que vous vous entendiez particulièrement bien avec certains d'entre eux ?
Personnellement, je ne me suis jamais entendu avec personne, je trouvais que c'étaient tous des salopards. Ou des idiots. Ou assez souvent, les deux.
 
Une question stupide à présent : je me suis toujours demandé de quoi parlaient exactement le texte de votre morceau "No Russians in Russia"... Peux-tu nous en dire plus à ce sujet ?
Eh bien, une question stupide mérite une réponse appropriée, comme disait ma vieille mère. Cela venait de la couverture d'un magazine satirique anglais qui s'appelait "Private Eye". L'ancien président américain Gerald Ford avait affirmé que l' URSS ne contrôlait pas l'Europe de l' Est, et par la suite avait dit qu'on avait déformé ses propos. J'ai repris le gros titre de la bande dessinée de "Private Eye" à propos de cet incident, et j'en ai fait une chansonnette Pop avec, de façon intéressante (pour moi du moins), des couplets en premier, puis le milieu, et finalement des choeurs, en un genre d'interprétation simultanément "micro" et "macro" de la sensibilité Pop. Non, vraiment...
Quand tu jettes un regard sur le passé, quels sont tes meilleurs et tes pires souvenirs ? When you look back at the past, nowadays, what are your best and your worst memories ?
Mon meilleur souvenir est d'avoir joué de la basse avec les STONES (voir davantage à ce sujet sur mon site web). Mon pire souvenir, c'est la dernière tournée des RADIO STARS, et le comportement vraiment désagréable du reste du groupe envers moi, lequel m'a carrément ulcéré.
 
Les RADIO STARS ont fait un concert de reformation pendant le festival punk "HOLIDAYS IN THE SUN" à Blackpool, en 1996. As-tu apprécié cette expérience ? C'était comment ?
Oui, ce fut une expérience très appréciable, fondamentalement parce que je n' étais pas impliqué là-dedans. J'ai vraiment apprécié de ne pas me pointer au concert, j'ai adoré de ne pas avoir à jouer de morceaux affreux composés par Anne Elephant, je me suis absolument réjoui de ne pas avoir été payé après, j'ai adoré qu'on ne me crache pas dessus, j'ai savouré le fait de ne ne pas endurer le voyage de six heures pour rentrer chez nous à la fin, etc. En fait, l' épisode dans son ensemble a été une expérience exaltante dont je me souviens avec un plaisir démesuré, et je n'hésiterais certainement pas à ne pas m'y impliquer non plus si quelque chose de ce genre se produisait de nouveau.
As-tu déjà projeté de reformer les RADIO STARS, et peut-on espérer de nouveaux concerts voire des enregistrements, un jour ou l'autre ?...
Non.
Enfin, même si j'ai dit "non", je devrais peut-être dire "peut-être", vu qu'il se peut qu'il y ait un concert unique un peu plus tard cette année (2006) à Londres, pour supporter la réédition des deux CDs des RADIO STARS. Cela serait, naturellement, lié de façon très proche à l'un de mes concerts. La nature exacte de la chose reste à déterminer.
 
Comme tu viens de le dire, les 2 albums originaux des RADIO STARS,"Songs for swinging lovers" et "The Holiday album", ont tous deux été réédités sur CD cette année. Cependant, il se pourrait que certaines personnes soient surprises par deux faits : ces CDs sont sortis en pochettes cartonnées, et "Dirty Pictures", qui est pourtant l'un des plus grands hits du groupe, n'apparait pas sur "Songs for swinging lovers". Peux-tu nous dire pourquoi ?...
"Dirty Pictures" ne figure pas sur le nouveau CD "Songs For Swinging Lovers" parce que ça n'a jamais été le cas, du moins sur l'édition originale britannique du LP. Il y a eu une édition européenne (car comme chacun sait, la Grande Bretagne n'est pas en Europe), et c'était sur cette version que le morceau apparaissait. Mais, pour suivre une éthique à la Beatles consistant à ne pas inclure de singles sur les albums, nous avons décidé de ne pas mettre le premier single (ou plutôt les morceaux du EP "Stop it") sur le premier album.
Il faut préciser, cependant, que "Dirty Pictures" et tous vos autres morceaux préférés des RADIO STARS sont disponibles sur l'album-compil "Somewhere There’s A Place For Us", qui comprend une reformation exceptionnelle du groupe pour reprendre le morceau-titre.
Ace Records, qui est en fait Chiswick Records "déguisé", a décidé de maintenir l'authenticité en n'incluant pas de titres bonus et en réutilisant l'artwork originel, et c'est pourquoi les CDs sont réalisés en pochette cartonnée façon LP miniature.
J'avais suggéré d'inclure une loupe avec chaque CD mais, par égard pour les détenus des camps chinois qui auraient volontiers fourni ces articles, il a été décidé d'abandonner ce projet. Tant pis pour la solidarité avec les masses populaires.






 
 
Possèdes-tu toujours du matériel inédit, des démos, des enregistrements live ou vidéos ? Si oui, y a-t-il une chance de les voir officiellement réalisés, un jour ou l'autre ??
En fait il existe une certaine quantité d'enregistrements studio inédits (et là, je fais référence à ma propre période au sein des RADIO STARS, pas à la version ultérieure du groupe menée par Anne Elephant) ainsi que des John Peel sessions et des enregistrements live. Il existe aussi des passages TV. J'ai suggéré à Ace Records d'inclure en bonus des trucs inédits sur les 2 récentes rééditions des RADIO STARS, mais ils voulaient s'en tenir à l'authenticité, cela revient beaucoup moins cher à long terme. Donc, peut-être qu'il faudra sortir autre chose pour tout ceci.
Parlons un peu de ce que tu fais aujourd'hui, à présent. Ton projet solo, sous ton propre nom, sonne de façon très différente. D'après toi, est-ce que cette orientation solo a un quelconque rapport avec ton implication pasée au sein des RADIO STARS ou pas ?
En ce qui me concerne, ma musique a toujours été la même, et elle ne l'a jamais été autant qu'actuellement. A certaines occasions, des journalistes mesquins, pinailleurs, ont maugréé que ma musique n'était que partiellement ou momentanément la même, mais je pense qu'avec l' inévitable passage du temps (sans parler de ses ravages), ma musique n'a jamais été davantage la même que celle que je fais aujourd'hui. J'espère que cela répond à ta question. Dans une certaine mesure, en tout cas.

Sur mon premier CD solo "Baboon in the Basement", il y a deux morceaux des RADIO STARS ("Greenfinger" et "Hit Him On The Head With A Hammer"), et sur le récent "How Am I Doing So Far ?’’, il y a "Girls Fight Over Me", une autre chanson tardive (1982) des RADIO STARS. Je ne sais pas pourquoi je te dis ça. Je ne dirai rien de plus à ce sujet, et je te fais confiance pour que cette information reste confidentielle entre toi et moi.

Ce que je fais maintenant , ce n'est ni plus ni moins que ce que j'essayais de faire auparavant, mais maintenant je m'en sors mieux, et j'ai trouvé d'autres musiciens aux compétences similaires.
 
Martin Gordon, 2004
Quels sont tes goûts musicaux personnels, en "vieux" groupes comme en artistes actuels ?
Vieux: Miles Davis, Mahavishnu Orchestra, George Formby, Noel Coward, Frank Zappa, Beatles. Actuels: System of a Down, Perry Blake, Enders Room, King Crimson.
J'ai vu que Bob Dylan a dit qu'il n'avait rien contre les gens qui téléchargent de la musique sans payer les créateurs pour cela, car "la majorité de la musique moderne ne vaut rien, de toute façon". Et il a foutrement raison...
Quels sont tes projets, maintenant ?
Nous venons de réaliser le Best of ("How Am I Doing So Far ?"), le coffret ("Mammal Trilogy"), un livre ("the Companion to God’s On His Lunchbreak", disponible sur mon site), ainsi que les rééditions CD des RADIO STARS chez Ace Rds. Là, je travaille sur la quatrième partie de la "Mammal Trilogy", donc je pense que je ne vais pas tarder à faire une pause. "Mammal IV: Impossible" devrait sortir début 2007.
Eh bien, merci beaucoup pour cette interview !
As-tu quelque chose à ajouter, pour conclure ?...
Ole ! Ariba ! Eat more fish ! Buy my records ! Maschi maschi ! Achtung Spitfeuer !
 
(Artwork ci-dessus par http://graphikdesigns.free.fr )
Site officiel de Martin Gordon :

http://www.martingordon.de/

RADIO STARS / Martin Gordon : Interview (2006) ENGLISH VERSION

RADIO STARS
exclusive interview with
Martin Gordon
 
Much too often forgotten and underrated, the RADIO STARS were however a brilliant Powerpop/punk'n'roll band that deserves to be recognized as one of the most remarkable references from the '77 british scene.
Therefore, I'm glad to present to you an interview with
their former frontman !



Exclusive interview with Martin Gordon by Hans Wehrwolf,
for WARDANCE.NET
27 august 2006
 
Hell-o Martin ! Can you please remind us briefly of the RADIO STARS' biography and what was the band's line up, especially for the youngest readers who perhaps never heard of you before ?...
Well, there was me writing the songs, producing the records, playing bass and keyboards. There was a singing person who jumped, called Mr Hemisphere, and a guitarist who looked very much like King Richard III Part IV but who was in reality someone else. Then on drums there was a constantly revolting series of drummers, most of whom expired in a series of bizarre inability-to-keep-time incidents, with the exception of the first one, Chris Townson. He was also in an earlier band of mine called JET, along with the singer Mr Hemisphere and the guitarist Mr King Etc. In fact, to all intents and purposes, the earlier band Jet was identical to and indistinguishable from the subsequent band RADIO STARS, except for the trousers. Since you refer later to the legendary, oft-imitated, never-bettered, copper-bottomed, money-back-guaranteed song ‘Dirty Pictures’, I sadly have to inform you that it was in reality recorded by the above four musicians while they were called JET. As nobody gave a fuck about it – in fact my former manager said to me “Throw that one out, it’s terrible” – I decided that rather than throw the song out I would throw HIM out, and change the name of the band while I was at it. This, more or less, possibly less, is what actually happened.
Later there came other additions and substitutions of personnel. Chris Gent often joined in on vocals and sax, Trevor White joined in on guitar and vocals, until transvestism and gerbils go the better of him (a sad tale), Hugh McDowall from the ELO provided cello, Paul Jones provided an occasional harmonica, Graham Chapman contributed the odd voiceover and Anthony Sher (dear Sir Ant) played Shylock. The whole thing was directed by Peter Brook on his day off. Unfortunately he didn’t bring any of his identical wives along, so we had to provide out own models. I found mine between the pages of an English national tabloid, the Daily Scum.

The band broke up in 1980 when I was overthrown in a dental coup. Mr Hemisphere roped in a few other players and attempted to continue but the public wasn’t having any of it, quite understandably.

And now, since you specially request it, something for the younger readers who have never heard of me:

“Hello, younger readers who have never heard of me ! It’s me, Uncle Martin ! Look at my big trunk ! It goes Tarrahh ! Tarrahh ! Tarrah ! And all the big nasty animals in the dark dank forest run fastly away away run run run flee flee cos he is very BOG and FRIGHTFUL ! Let’s hide so he cannot see us ! Hide here, hide there, hide everywhere !” (etc, etc. Hope this is enough, it is well known that they have vere short attention span anyway becos of McDonalds, sugar, MTV, narcotics and 97% of all known pop music).
 
Andy & Martin
How and why did you decide to form this band, at the beginning ?
In Anne Effort to avoid getting up early, I joined a poop group called SPARKS. I was relieved both of my problem of getting up early and, when they kicked me out a year later, of my royalties. I retreated to my bed, emerging after a mammoth or so to place an ad in a musicians’ paper saying that I was prepared to get up for a suitable offer. Chris Townson phoned me, which was a bit odd as we knew each other anyway. He suggested that we form a bass and drums duo. As there were only two of us, and he played drums and I played bass, this notion struck me then, as it still does, as the purest form of realism, pragmatism made flesh. Clearly, definition of attainable goals was not problematic for this wizard of percussion, and still isn’t. But very quickly the appeal of lengthy bass and drum duets ran out, as did the burglars who stole his drum kit. So then we were down to a bass solo which, with the best will in the world, did not have enormous commercial potential, even we could see that. Fully cognisant of being caught between Scylla and Charybdis, we took on board a singer (Mr Hemisphere) and a guitarist called Turnip O’Head. The singer wore a green anorak, the guitarist lay prune, claiming (correctly as it turned out) to be heavenly influenced by elephant tranquilliser. No matter, in a short time we all became heavily influenced by the large amounts of cash that CBS Records insisted that we accept from them, although not in person, and also not in reality. So we took the corporate shilling although, again, not literally, that was more the province of Eddy Seago.
After dressing up in a variety of figure-hugging costumes, making a record, doing a tour with friends of DAVID BOWIE and retiring to the countryside to get it together, we managed to get dropped by the record company and by the management within the same week. The guitarist went on to look for more songs with less chords in them and also his river, which he once owned but seemed to have misplaced, as if you can misplaced an entire river without at least a bit of forethought. And the keyboard player decided to stop following us around. (I realise, belatedly, that the keyboard player has not featured in this chronology through an oversight, but perhaps this is, in and of itself, indicative of his role). He went off to create a thriving career as a Heinrich Himmler impersonator and as keyboard player to Barry Manilow. And then we became Radio Stars, it’s bleeding obvious, I don’t know why I bother.
Radio Stars, 1977
 
Why did you choose that name of "RADIO STARS" ? Was it ironical, or... ?
 
I’m sure I don’t know what you mean with ‘ironical’. As oft recounted, it was on a long list presented to the record company. And they selected one at random following the principles of highest artistic integrity in response to an unknown journalist’s query about something else entirely, probably something like ‘What time do the pubs open?”
At that time, the RADIO STARS were regarded as a Punk Rock band in its own right, and nowadays they're still affiliated with the original '77 scene. However, your music was quite unusual for a Punk Rock band, since it included lots of classic R'n'R elements, as well as strong Pop and Glam Rock touches. In fact, we could be tempted to say that the RADIO STARS were more a "Powerpop" (punk) band than a "Punk Rock" band in the usual sense of the term. What were your influences exactly, and do you accept to be labelled that way ?
I did what I always do, rightly or wrongly, and left it to other interested (if there were any) parties to make head or tail of it, define it, categorise it, or indeed ignore it. All of these responses are welcome, to a greater or lesser degree. And my oeuvre (or egg) is basically the same as it ever was, just a bit better. See your later question for expansion about what is the same or not.
Influences – well, the normal things really; rent, food, electricity for cooking and the hairdryer, and saving up for a little cottage in the country with one and a half dogs and a sea view.
Which other more or less well-known bands from this era did you play with ? Did you especially go along with some persons in particular ?
Personally, I never went along with anyone, I thought they were all bastards. Or idiots. Or, quite often, both.
 
A stupid question now : I always wondered what the lyrics to your song "No Russians in Russia" were about, exactly...
Can you let us know more about that ?
Well, a stupid question deserves a sensible answer, as my old mum used to say. It was from the cover of an English satirical magazine called Private Eye. The then-US president Gerald Ford noted that the USSR did not control eastern Europe, and then subsequently said that he was misquoted. I took the Private Eye headline to their cartoon of the incident and turned it into a pop ditty which, interestingly (to me, at least) had all the verses first, then the middle and then finally the choruses, in a kind of simultaneously micro and macro rendition of pop sensibility. No, really…
When you look back at the past, nowadays, what are your best and your worst memories ?
Best memory is playing bass with the STONES (more on my website), worst memory is the final RADIO STARS tour and the truly nasty behaviour of the rest of the band towards me, which gave me a stomach ulcer.
 
The RADIO STARS did a reunion gig during the "HOLIDAYS IN THE SUN" punk festival in Blackpool, in 1996. Did you enjoy that experience ?
How was it ?
Yes, this was an enormously enjoyable experience, fundamentally because I wasn’t involved in it. I really enjoyed not turning up for the gig, I loved not having to play dreadful songs composed by Anne Elephant, I absolutely rejoiced in not not being paid afterwards, I adored not being spat upon, I relished not enduring the six hour journey back home afterwards which would always result in the singer being dropped off first no matter which route we followed, in fact the entire episode was a thrilling experience which I remember with an inordinate amount of pleasure and I would certainly not hesitate to not be involved again in anything like this should it come along. Or not come along, I’m afraid I have got rather lost in double negatives, as you do.
Did you ever plan to reform the RADIO STARS, and can we expect some new reunion gigs in the near future ? Also, can we expect some new recordings, one of these days ?...
No.
Although having said ‘no’, I should perhaps also say ’perhaps’, in that there may be a one-off gig later this year (2006) in London to support the re-release of the two RADIO STARS CDs. This would, naturellement, be in close proximity to a Martin Gordon Mammal gig. The exact nature of the thing remains to be determined.
 
As you just said, the 2 original RADIO STARS albums, "Songs for swinging lovers" and "The Holiday album", have been both re-released on CD this year. Nevertheless, some people might be quite amazed by two facts : those CDs have been issued in cardboard slip cases, and "Dirty Pictures", which is however one of the band's greatest hits, is not included on "Songs from swinging lovers". Can you please tell us why ?...
’Dirty Pictures’ is not included on the new ‘Songs For Swinging Lovers’ CD because it never was, at least on the original UK edition of the LP. There was a European edition (as any fule kno, Britain is not in Europe), and it was to be found on this version but, following a quasi-Beatles ethic of not releasing singles on albums, we decided not to put the first single (or indeed the ‘Stop It’ EP tracks) on the first album.
It needs to be pointed out, however, that ‘Dirty Pictures’ and all your other fave RADIO STARS tunes are available on the RADIO STARS compilation ‘Somewhere There’s A Place For Us’, including a one-off reformation of the band rendering the title track. Ace Records, who are in fact Chiswick in disguise, decided to maintain authenticity by not including extra tracks and by using the original artwork, so that’s why the CDs are released in a (very small, admittedly) LP-style cardboard sleeve. I suggested there should be a free magnifying glass included with every CD but, for reasons of sensitivity towards the Chinese convicts who would have willingly provided these items, it was decided to forego the idea. So much for solidarity with the masses.




 
 
Do you still own some unreleased material, demos, live recordings and video footage ? If so, is there a chance for them to be officially issued, one day or another ??
In fact there IS a certain amount of unreleased studio stuff (and here I refer to my own time with Radio Stars, not to the subsequent Radio Stars-lite version as rolled out by Anne Elephant) and some John Peel sessions sessions, and live recordings abound. TV performances also exist. I suggested to Ace Records that we might include some extra, unreleased things on the two recent re-releases of the RS catalogue, but they wanted to go for authenticity, it’s much cheaper in the long run. So maybe there will have to be another outlet for this material.
Let's talk about today, now. Your solo project, that you run under your own name, sounds a very different way. From your own point of view, do you think this solo orientation has something to do with your past involvement
in the RADIO STARS or not ?
As far as I’m concerned, my music has always been the same, and it has never been more the same than it now is. On previous occasions, niggardly, nit-picking journalists have carped that it (my music) was only partially or momentarily the same but I feel that, with the inevitable passage (not to mention ravages) of time, my music has never been more the same as it is today. I hope that this answers your question. To some extent, anyway.
On the first solo CD Baboon in the Basement, there are two Radio Stars tunes (‘Greenfinger’ and ‘Hit Him On The Head With A Hammer’) and on the recent ‘How Am I Doing So Far?’’ there is ‘Girls Fight Over Me’, another late (1982) Radio Stars song. I don’t know why I tell you this. I will say no more about it, and trust that this information remains confidential between you and I.

What I am now doing is no more and no less that what I was trying to do in previous times, but now I’m better at it, and have found other musicians of similar skill.
 
Martin Gordon, 2004
What's your personal taste in music , "old" bands as well
as current artists ?
Old: Miles Davis, Mahavishnu Orchestra, George Formby, Noel Coward, Frank Zappa, Beatles. New: System of a Down, Perry Blake, Enders Room, King Crimson.

I saw that Bob Dylan recently said he has no problem with people downloading music without payment to the creators as “most modern music isn’t worth anything anyway”. And he’s damn right…
What are your next projects, now ?
We just released the Best Of (How Am I Doing So Far?), the Box Set (Mammal Trilogy), a book (the Companion to God’s On His Lunchbreak, available via the website) as well as the Ace RADIO STARS stuff and so, while I work on the fourth part of the Mammal Trilogy, I think a bit of a breather is in order. ‘Mammal IV: Impossible’ will be due in early 2007.
Well, thanks a lot for this interview !
Do you have anything to add as a conclusion ?...
Ole ! Ariba ! Eat more fish ! Buy my records ! Maschi maschi ! Achtung Spitfeuer !
 
(Artwork above by http://graphikdesigns.free.fr )
Martin Gordon's official website :

http://www.martingordon.de/