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mercredi 20 octobre 2021

DEAD SOULS RISING : Interview 2021 [En français]

 


Plus de deux décennies après un premier entretien publié dans le N° 4 (juin 1998) du fanzine papier WARDANCE, DEAD SOULS RISING, qui effectue aujourd'hui son grand retour, me fait l'honneur de m'accorder la toute nouvelle interview que voici. L'occasion pour le duo d'évoquer, entre autres choses, la sortie relativement récente de son dernier album en date, ainsi que celle, sous peu, d'un prochain opus d'ores et déjà enregistré...

Et en guise de bonus, vous trouverez à la suite une retranscription de l'interview de 1998 dans son intégralité !
(Séquence nostalgie : que demande le peuple ?)

Entretien avec Alastrelle (chant) et Sébastien (guitare)
Propos recueillis par Hans Cany en exclusivité pour WARDANCE,
le 20 octobre 2021


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Bonjour Alastrelle et Sébastien. Plus de vingt-trois ans se sont écoulés depuis notre précédent entretien, et depuis le temps, j’avoue n’avoir plus guère eu espoir de voir DEAD SOULS RISING refaire surface… Qu’est-ce qui vous a aujourd’hui décidés à réactiver le groupe ? Et d’ailleurs, était-il juste en sommeil, en «stand by» depuis toutes ces années, ou bien était-il bel et bien splitté, auquel cas il s’agirait donc d’une reformation ?…

Bonjour Hans. Nous avons splitté puis reformé DEAD SOULS RISING avec la formule originale (Alastrelle-Sébastien), car faire de la musique ensemble nous manquait. Nous t’avouons que ni toi ni nous, ne nous doutions de cette reformation, la vie nous réserve bien des surprises !

samedi 27 juillet 2019

GLOOMY GRIM : 2004 interview [In english]

The finnish legend of symphonic Black Metal...



Exclusive interview with Agathon by Hanns Wehrwolf (Hans Cany), made on 19 february 2004, for WARDANCE


GLOOMY GRIM : interview 2004 [En français]




La légende du Black Metal symphonique finlandais...


Entretien avec Agathon par Hanns Wehrwolf (Hans Cany), réalisé le 19 février 2004 en exclusivité pour WARDANCE

samedi 29 juin 2019

STROMPTHA : Interview 2019 [En français]



Basé dans le Pays Cathare, STROMPTHA est un projet solo de Metal sombre au son et à la personnalité pour le moins originaux, son style musical  se situant aux confins du Black Metal atmosphérique, du Doom  et de la Cold Wave. Ajoutons à cela le fait que Jérôme, son instigateur, a pas mal  de choses intéressantes à dire, et nous obtenons dès lors un de ces entretiens plus consistants que la moyenne, lesquels  qui tout particulièrement du lot de par l'intérêt de leur contenu...

jeudi 13 septembre 2018

MARTEL EN TÊTE, label et V.P.C. sans concessions [INTERVIEW]


Rencontre avec Seb, le boss de MARTEL EN TÊTE, référence incontournable de la contre-culture R.A.C. hexagonale actuelle.


Propos recueillis par Hanns Wehrwolf en exclusivité pour WARDANCE, le 13 septembre 2018

lundi 18 juin 2018

MORDOR : Interview 2018 [En français]



Vingt-trois ans après une première interview de cette mystérieuse confrérie helvétique, véritable légende underground du Metal sombre qui a largement contribué à poser les fondations d'un style musical aujourd'hui solidement établi et désigné sous le nom de Funeral Doom, c'est avec une fierté non dissimulée que je vous en présente une toute nouvelle aujourd'hui, chers lecteurs de REQUIEM.
Je vous souhaite donc à tous une lecture édifiante de ces déclarations inédites.


Entretien exclusif avec Scorh Anyroth
Propos recueillis par Hanns Wehrwolf / Hans Cany
Juin 2018
(Era Vulgaris)

lundi 4 juin 2018

HORNA : Interview 1999 [Version française]

 HORNA
De gauche à droite : Shatraug, Gorthaur et Nazgul

Il est certains groupes dont les réalisations musicales sont incontestablement de grande qualité, mais dont les membres, lorsqu'on leur offre l'occasion de s'exprimer, n'hésitent pas à tenir
des propos pouvant laisser quelque peu perplexe, pour ne pas dire plus... 
La scène Black Metal, tout particulièrement et de façon notoire, est loin d'être épargnée par ce curieux phénomène, lequel ne manque évidemment pas de nous réserver force surprises.
Les Finlandais de HORNA, qui nous ont gratifiés d'excellents albums d'une noirceur proprement diabolique, n'échappent toutefois pas à cette singulière règle. Je laisse aux lecteurs de WARDANCE le soin d'en juger par eux-mêmes, en leur livrant tel quel et dans son intégralité le contenu de l'interview exclusive à laquelle Shatraug, leader du groupe, a bien voulu se prêter.

dimanche 3 juin 2018

GORGON : Interview 1999 [En français]

Depuis 1991, le commando GORGON n'a eu de cesse de persévérer en maintenant solidement ses positions sur le front de la scène Black Metal hexagonale, tout en lançant régulièrement de redoutables offensives sonores, chargées de rage démoniaque, à l'assaut des multiples citadelles du sectarisme, du conformisme et des stéréotypes musico-culturels.
Chris, fondateur et leader de cette obscure confrérie d'adorateurs de Méduse et autres monstruosités infernales, a bien voulu répondre aux quelques questions que lui a posées WARDANCE...

samedi 13 mai 2017

THE BROTHERHOOD OF PAGANS : Interview [1996]





Les BROTHERHOOD OF PAGANS, forts de la reconnaissance dont ils se sont montrés dignes en commettant leur superbe album "Tales of Vampires", comptent désormais parmi les fers de lance incontournables de la scène Gothic Rock hexagonale. Oeuvrant dans un style énergique, mélodique, cristallin, et chargé d'émotions, le combo des environs de Compiègne, en Picardie, a su s'imposer sur le devant de la scène Dark aux côtés de CORPUS DELICTI et consorts, partageant avec ces derniers l'insigne privilège d'être un groupe français connu et apprécié du public étranger.

jeudi 28 avril 2016

HELLBATS : Interview 2004


Les HELLBATS sont un groupe français qui, du moins à ses débuts, pratiquait un mix original  de Psychobilly, de Punk Rock, et de Hard Rock/Metal, comme une sorte d'improbable et étonnante alchimie entre MOTÖRHEAD, MAD SIN et les MISFITS.

samedi 13 février 2016

MORDOR (Swi) : Interview 1995 [En français]


Mystérieuse formation d'une longévité qui n'a d'égale que sa confidentialité, MORDOR est un combo helvétique de Funeral Doom, fondé en 1990 EV sur les ruines du groupe de Black Metal ARÖG.
MORDOR compte parmi les plus obscurs et les plus hermétiques groupes du genre, lequel peut être sommairement défini comme combinant les aspects sonores du Doom/Death Metal extrême, lent et extrêmement lourd, et de l'Industriel martial et symphonique à la LAIBACH, le tout enveloppé dans une atmosphère ténébreuse oppressante, sépulcrale et grandiose. La musique n'étant envisagée par MORDOR que comme le support d'un concept mystico-métaphysique beaucoup plus approfondi que chez la plupart des autres formations de Funeral Doom, l'interview qui suit, à défaut de paraître accessible à tout le monde, favorisera un meilleur aperçu de leurs conceptions chez les lecteurs avertis, pour ne pas dire "initiés". Les connaisseurs pourront notamment y relever d'insistantes références aux oeuvres de l'Italien Julius Evola et du Français René Guénon, même s'il y est aussi fait allusion aux Templiers, à la comtesse Bathory, aux mythologies, ainsi bien sûr qu'à
l'oeuvre de J.R.R. Tolkien. Aventurons-nous donc plus avant dans ce Mordor...

Entretien avec Scorh Anyroth
Propos recueillis par Hanns Wehrwolf
pour le fanzine Requiem gothique
en décembre 1995 E.V.
(Era Vulgaris)

Hanns : Hail à toi, Scorh. MORDOR semble de toute évidence se rattacher à la scène dite "Funeral Doom", et au Metal sombre en général. Comment définirais-tu votre style actuel, et comment expliquerais-tu l'évolution de votre musique ?

Scorh Anyroth : Nos racines musicales proviennent effectivement en grande partie de  ce qui a été appelé Black Metal, un dérivé extrémiste du Metal dont l'image, à défaut d'une doctrine, était au moins aussi importante que la musique elle-même. Si la base de cette musique était une version plus "sale" du Metal, très vite certains groupes plus expérimentaux comme CELTIC FROST ont commencé à y incorporer des instrume,ts issus de la musique classique. La découverte de groupes comme LAIBACH et FOETUS, précédés des SWANS et de GODFLESH, n'a fait que confirmer qu'il était possible de créer une synthèse entre le Metal et d'autres genres afin d'arriver à un style réellement sombre, à même d'exprimer la complexité des éléments que nous voulions évoquer par la musique. Si nous devions définir notre style, nous estimerions que le mot "DARK" serait le plus approprié. Mais il nous semble impropre de parler d' "évolution", idée moderne trop souvent rattachée au "progrès", alors que chacune de nos réalisation est un moyen différent d'essayer de cerner le principe ultime de toute chose. Sur le plan de la forme, s'il peut sembler y avoir "progression" (structures plus complexes, meilleure production etc), le fond, lui, est toujours le même : utiliser la musique pour atteindre l'inconditionné, en évoquant différents chemins pouvant y mener.



H : Le Mordor, c'est une sorte d' enfer sur lequel règne le maléfique Sauron, dans la mythologie de Tolkien. Pourquoi ce choix pour le nom du groupe ? Et peux-tu nous en dire plus sur les plans de sa signification et de sa symbolique ?
 
S : Même si son oeuvre est sans doute un classique de l' Heroic Fantasy, il ne faut pas oublier que Tolkien était un grand spécialiste du folklore anglo-saxon, lui-même étant de souche nordique. de notre côté, si nous avons choisi le nom "Mordor" provenant de la trilogie "Le Seigneur des Anneaux", c'est que sa signification (le pays des ténèbres) a deux aspects importants : les Ténèbrent, qui symbolisent parfaitement le Principe Originel, le non-manifesté, au-delà de la multiplicité et de l'être, dont toute chose dépend mais dont lui-même ne dépend de rien, et enfin l'idée d'un pays, , d'un Etat spirituel diamétralement opposé à ceux modernes, qui au lieu d'être un appel vers l'inconditionné ne sont plus que des gestionnaires de numéros. Dans cette optique, Sauron symbolise le monarque universel qui doit reconquérir son royaume afin d'ériger un nouvel ordre... et sa tour l'axe du monde, axis mundi. Quant  aux anneaux, ils peuvent évoquer les différents niveaux qu'il est nécessaire de franchir  avant de parvenir à l'absolu. Evidemment, cette interprétation nous est personnelle, et n'a pas grand-chose à voir directement avec l'histoire contée dans le "Seigneur des Anneaux". Mais il n'en reste pas moins que cette trilogie est une quête initiatique.



H : Pourquoi la pochette de votre ancienne démo "Odes" reproduit-elle une photo de cette fameuse sculpture que d'aucuns identifient au Baphomet, lui-même lié à l'ésotérisme des Templiers ?

  S: Que ce soit le Baphomet, l'Androgyne, le Rebis des hermétistes, ou l'Ardhanârisvara hindou, il est un des symboles les plus essentiels qui soient, celui de la non-dualité, de la réunion des principes mâle et femelle, de la Conscience et de la Puissance, de l'Esprit et de l'Energie, du sujet et de l'objet. il représente tout entier ce qu'est la voie, et ce à quoi devrait au moins aspirer, à défaut de le réaliser, tout homme qui serait véritablement "normal". Les Templiers sont d'autre part pour nous un modèle en ce qui concerne l'organisation d'une société régulière, où tous ses différents aspects, qu'ils soient artistiques, économiques ou autres, sont soumis au spirituel. En tant qu' Ordre de moines guerriers, ils représentaient l'union originelle entre autorité spirituelle et pouvoir temporel, contemplation et action. ce qui ne les empêchait pas d'avoir un système économique plus efficace que celui moderne... simplement il y avait une juste hiérarchie entre les différents domaines de l'activité humaine. notons d'autre part que l'intervention du roi Philippe le Bel devait précipiter la fin de la monarchie, et préparer la révolution bourgeoise, donc l'avènement des sociétés modernes matérialistes. Mais les Templiers resteront l'exemple de ce que le christianisme a pu avoir de meilleur, en ayant été rectifié par des contacts avec l'islam ésotérique, ainsi que par l'intégration d'éléments "païens".




H : La comtesse Bathory et son château de Csejthe, à commencer par le titre même de votre demo/album portant ce nom, semblent avoir inspiré plusieurs de vos compositions. Parle-nous un peu de ce personnage...

S : Erzsébet Bathory nous a effectivement fascinés par son histoire, sa quête d'une éternelle beauté, sa noblesse, ainsi que par son dégoût de l'existence ordinaire. Mais elle est surtout un symbole extrêmement fort, celui de la féminité abyssale et destructrice. Parmi les deux archétypes fondamentaux de la femme, l'homme ordinaire ainsi que la femme ordinaire privilégient celui de la Mère, de Déméter, dont la fonction essentielle est l'enfantement.Mais il existe également celui de l'Amante, d'Aphrodite, que malgré les apparences peu d'hommes et de femmes réalisent sous sa vraie forme,  (même inconscient, le besoin d'enfanter se retrouve chez la plupart des femmes aux moeurs dites "légères"; si pour les hommes l'enfantement ne les concerne guère, , ils en restent généralement au niveau strictement physique, sans cerner la dimension "subtile"), parce qu'il implique quelque chose de "magique", d' "énergétique". Sous son aspect extrême, cet archétype devient Perséphone, Durgâ, le féminin se complaisant dans le sang et la mort, la destruction. Il s'agit là de la substance antérieure à toute forme , de la violence de la Nature  dans son élémentalité, , que la plupart des hommes craignent secrètement. La pulsion du désir, de l'amour, est aussi celle de la mort...
Erzsébet Bathory, elle, contrairement à la plupart des femmes qui ignorent tout des  potentialités que leur offre la Nature, n'a pas craint de suivre cette voie lunaire, même si elle a du en payer le prix. dans le cadre du chemin que nous parcourons, , axé principalement sur la Main Gauche, elle représente un équivalent de Kâlî. De plus, son côté nettement aristocratique, même dans un Moyen-Âge déjà décadent, est loin de nous déplaire, bien au contraire...Enfin, si les vampires existent à leur façon réellement, , émanations du monde subtil, le mythe du vampirisme sous sa forme courante est pour nous une représentation qui nous touche beaucoup : l'accès à l'immortalité, même s'il faut la comprendre dans un sens non physique, le couple prédateur/proie, l'absorption du sang, tout cela peut être pour le moins significatif.


H : lors de vos concerts, quelles réactions et quelles émotions cherchez-vous à susciter au sein du public ? Et vous arrive-t-il de vous produire en France ?

S : N'appréciant guère l'ambiance usuelle des concerts, qui conviennent bien aux sociétés de masse de notre époque, nous n'en donnons pas. Il y eut une exception cette année, où dans le cadre de notre collaboration avec Incense, nous avons joué à Limoges avec TROM et PROTON BURST dans les souterrains d'une galerie d'art, avec des installation d'art contemporain incluant ossement, charniers etc.  Nous ne cherchons pas particulièrement à susciter des émotions au sein du public, ni à nous extérioriser en montant sur une scène. notre but n'est ni individualiste ni collectif, mais impersonnel. jouer en ce lieu, c'était rendre hommage à la Puissance du Temps Transcendant, donc en apparence délibérémlent sectaire, mais en vérité ouvert sur l'absolu, que très peu de personnes peuvent appréhender, ne serait-ce qu'intellectuellement. . Alors tant mieux si certains, après notre passage, ont pu saisir quelque chose du silence; le reste n'a en fait guère d'importance.




H : Entretenez-vous des contacts et des rapports amicaux avec d'autres groupes ?

S : Nous avons un certain nombre de contacts avec des groupe Black Metal ou autres, mais le seul que nous recontrons de temps en temps, c'est TROM, et en général plus pour parler de ce qu'il y a derrière la musique que pour elle-même.
sur un autre plan, nous entretenons une amitié avec les gens d' Incense (et donc avec ASHES TO ASHES), basée non seulement sur des points de vue convergents sur la situation de notre époque aionsi que sur la contrepartie nécessaire, mais également sur la nécessité d'un cheminement. certaines situations, liées à des états de fatigue intense, ont permis déjà d'éprouver que la vraie connaissance n'est pas seulement théorique, mais essentiellement réalisation.




H : quels sont vos centres d'intérêt et vos activités, en dehors de MORDOR ?
S : Il faut bien comprendre que la musique n'est qu'un des domaines liés à MORDOR, même si certains peuvent trouver cela prétentieux. MORDOR est avant tout une vision globale du monde dépendant directement de la sphère spirituelle, et régissant tous les autres domaines devant lui être naturellement subordonnés, qu'ils soient artistiques, politiques, sociaux ou autres. Il n'y a donc pas de séparation entre ces centres d'intérêt et MORDOR, la musique constituant un excellent moyen de relater ce qui la dépasse. Pour le reste, en ce qui concerne le domaine des contingences de ce monde propre aux individualités formant MORDOR, , il n'est pas intéressant de les mentionner ici. seule la doctrine est importante, non les personnes et leurs avatars quotidiens qui la diffusent.



H : Projetez-vous la réalisation d'un album CD ?


S : A ce jour, notre premier CD est déjà sorti, et consiste en la réédition de notre première démo "Odes", sortie en 1990.Cette réalisation inclut la face B de la cassette "Csejthe / Odes"  +  le morceau de 25 minutes qui n'avait pu y trouver place.
"csejthe", additionné de deux morceaux, devrait être disponible très prochainement en CD. il y aura également un troisième CD de transition pour la fin 1995 ou le début 1996, mais rien n'est encore défini précisément.

H : Comptez-vous élargir votre distribution en France ?

S : Nous ne fonctionnons guère sur le principe de la recherche du succès à tout prix, et n'essayons pas de bâtir une stratégie en ce sens, ce qui peut expliquer notre statut de groupe culte à défaut d'être très connu. notre but premier et inaltérable est de vouloir nous relier à ce qui est plus qu'humain. Maintenant si, par hasard, notre musique peut atteindre une certaine ampleur quantitative, , nous ne le renierons pas, car c'est un moyen à défaut de diffuser  nos  idées de rappeler que depuis la fin du Moyen-Âge, les civilisations occidentales (et malheureusement une partie de celles orientales) se sont enlisées dans le matérialisme, et que des systèmes absurdes érigés en absolu sont présentés comme la vérité.


H : quels sont vos goûts ert influences littéraires, musicaux et artistiques ?
 

S : Pour ce qui est des livres, il ne s'agit pas ici de "littérature". Disons que l'oeuvre de Julius Evola et de René Guénon nous a  donné en quelque sorte une seconde naissance sans laquelle la vie n'est rien, celle de l'esprit. elle nous a permis de nous retrouver dans le fonctionnement  de spiritualités mal comprises et des déviations propres à notre époque,  avec les sociétés dites "démocratiques" se disant "laïques", ce qui ne signifie rien d'autre qu' "ignorantes", ainsi que l'aspect subversif de la science, philosophie, psychanalyse,  qui ne sont que des connaissances i,complètes. La Weltanschauung mordorienne est très imprégnée de ces auteurs, mais aussi d'autres comme  Mircéa Eliade, Alain Daniélou, Platon, Plotin ainsi que différents ouvrages traditionnels  etc jouent une influence non négligeable.  Pour ce qui est de la littérature, en excluant Gustav Meyrink et certains auteurs du domaine fantastique (HP Lovecraft, Robert E Howard, Bram Stoker qui fit partie de la Golden Dawn etc), nous n'avons guère le temps de nous y intéresser, l'ésotérisme étant bien plus important.
Sur le plan musical, à part le Black/Death/Doom Metal, l'Industriel, le Gothique, l'Electronique façon WHITEHOUSE, certaines formes ethniques, nous apprécions beaucoup la musique classique, spécialement Stravinsky, Rachmaninov, Prokoviev, ainsi que le classique contemporain. Les arts anciens, spécialement tantriques, nous attirent également ainsi que Bosch et, pour notre époque, Giger. certaines formes de l'art contemporain  méritent aussi une attention, même s'il est évident qu'à notre époque, , l'art lui-même n'a plus de lien avec le supra-personnel.






H : Comment peut-on résumer vos conceptions et croyances quant à l'évolution et au devenir de notre monde et de l'humanité ? 
 
S : Il serait trop long de développer en détails ici une véritable analyse de l'histoire de l'humanité, même moderne. Pour ceux intéressés, la meilleure solution consiste à consulter les ouvrages suivants : Révolte contre le monde moderne de Julius Evola, La crise du monde moderne ainsi que Le règne de la quantité et autres signes des temps  de René Guénon. Sur un plan plus profane, un philosophe comme Nietzsche  a su voir lui aussi la venue du "dernier homme".
S'il fallait esquisser un résumé de l'action  qui a permis le triomphe de nos sociétés actuelles, il faut d'abord rappeler que la conception moderne du temps avec un déroulement linéaire ne peut être compatible avec la doctrine des cycles qui donne au temps une qualité. A des époques différentes correspondent des niveaux différents, avec un degré plus ou moins grand de "solidification", c'est-à-dire d'éloignement du Principe. L'Âge de Fer auquel nous appartenons est loin de constituer ce "sommet" que quelques esprits pétris d'illusions continuent de voir dans les civilisations à caractère technologique. Bien au contraire, à la place de ce "progrès" dont on nous rebattait tant les oreilles, il est nécessaire de faire intervenir la notion de décadence., l'homme n'étant plus capable de voir que le monde des sens. Historiquement, le Moyen-Âge constitue un arrêt dans le processus d'involution générale en Occident, qui n'échappera malheureusement pas à la soi-disant "renaissance", à l'humanisme et aux tendances libérales qui, en voulant privilégier la "liberté"puis la Raison, allait définitivement couper l'homme de ses véritables racines. La Révolution bourgeoise de 1789 allait préparer le triomphe du matérialisme, , et avec l'industrialisation donner naissance aux sociétés actuelles, ayant pour caractéristique la dictature de l'économie, le triomphe de la masse, sans parler de la dégradation quasi-générale de tous les domaines de l'activité humaine. Individualisme et collectivisme sont en fin de compte étroitement liés. Mais l'impersonnel est désormais quelque chose de trop élevé pour que l'être humain puisse même y aspirer. Alors que la seule justification au fait de vivre est de chercher l'accomplissement, la réalisation de sa véritable nature suprapersonnelle, la majorité des "bovidés" peuplant les cités ne pensent plus qu'à se distraire, à avoir le ventre plein et  à s'oublier de multiples manières. dans cet environnement délétère, les rares gens ayant conscience de l'absurdité sans nom dans laquelle vivent la majorité de  leurs contemporains sont pris pour des marginaux, alors même que la majorité de ceux qui se veulent "rebelles" témoignent qu'ils sont foncièrement issus du même moule que ceux contre lesquels ils luttent. A ceci, il ne reste qu'une solution, la fin du cycle. Que ce soit par la guerre, la maladie, la misère ou par  intervention surnaturelle, il  est temps que le ménage soit fait. . Que l'homme se décide s'il veut être du monde de la nature, des animaux ou celui de l'esprit, des dieux, ou plus simplement qu'une juste hiérarchie unisse ces deux sphères.



H : Eh bien merci, Scorh, d'avoir pris le temps de répondre à mes questions. As-tu des projets à annoncer, ou quelque chose à ajouter pour conclure cet entretien ?

S : Les projets ne manqueraient pas : nous aimerions beaucoup sortir un livret résumant les conceptions dont nous nous inspirons, afin de compléter l'aspect musical.  Mais ceci demanderait trop de temp pour que nous puissions le réaliser à court terme.
Sinon, il nous semble évident que le monde actuel se précipite joyeusement vers l'abîme, insouciant et toujours en quête de "prospérité, de bien-être matériel, de nouvelles façons de s'amuser. L'instruction obligatoire et les médias ont réussi le plus grand lavage de cerveaux que même les régimes totalitaires n'ont pu réaliser, car chez eux il était plus ou moins avoué. Ainsi de nos jours, parler seulement d'une société entière tournée vers le spirituel amènera inévitablement les mots "anachronique", "insensé", "dépassé". Mais c'est oublier que certaines choses sont intemporelles : le Principe n'a pas besoin de l'humain pour se manifester, alors que l'humain, lui, peut ignorer sa vraie nature, continuer à s'agiter et mener sa misérable vie. Les cimetières sont pleins de gens indispensables...



DISCOGRAPHIE
. "Odes" Demo / CD (1990)
. "Csejthe" Demo / CD (1992)
. "Les Armées de Sauron" Picture disc vinyl 7" (1994
 



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MORDOR sur FACEBOOK :




mercredi 23 décembre 2015

SHADOW REICHENSTEIN : Interview (2004) VERSION FRANCAISE


SHADOW REICHENSTEIN est un groupe venant de Dallas, au Texas, et qui joue un "Horror Rock'n'Roll" de grande qualité, quelque part entre Horror Punk Rock, Gothic Rock/Batcave, et Psychobilly. Jusqu'à présent, ils ont réalisé deux disques remarquables, un premier album CD ainsi qu'CD single démo, et projettent maintenant d'enregistrer leur second album.  

Interview avec Shadow, le frontman du groupe, réalisé par Hanns Wehrwolf (Hans Cany) le 17/01/2004, en exclusivité pour WARDANCE

Hell-o, Shadow ! Peux-tu s'il te plait présenter ton groupe aux lecteurs de WARDANCE ?
Notre bassiste a rejoint récemment un nouveau groupe nommé DAMAGEPLAN, qui est composé de deux célèbres Rock stars, et donc nous sommes actuellement en train d'auditionner de nouveaux bassistes. En-dehors de cela, il y a donc moi, Shadow Reichenstein à la guitare et au chant, Jimbo Nostrathomas, seconde guitare, et Boog Nasty à la batterie.
SHADOW REICHENSTEIN... Quel nom bizarre et original, pour un groupe !...
C'est simplement mon nom.

Assez souvent, l'artwork et l'imagerie du groupe comprennent l'image d'une Croix de Fer... Y a-t-il une raison particulière à cela ?

C'est surtout en rapport avec la connexions entre l'Allemagne et certains classiques de l'Epouvante, comme "Frankenstein" ou "Nosferatu".
En écoutant la musique sur votre album "It's Monster Rock", il semble être clair que votre style est une sorte de mix entre l'Horror Punk et le Psychobilly/Gothabilly, avec aussi quelques touches de Gothic Rock et de Dark/post-Punk... Es-tu d'accord avec cette courte description ? Et d'où as-tu puisé ton inspiration musicale ?
Je suis d'accord avec ta description. J'ai grandi en écoutant beaucoup de musiques qui ne reflètent pas nécessairement ce que je compose. Je crois que les films d'horreur en eux-mêmes ainsi que leurs bandes-son telles que "The Munsters" ont eu un impact plus important sur ce que j'écris.

Depuis votre premier album, vous avez aussi réalisé un CD-R single 3 titres intitulé "Bela was a Junkie". Peux-tu nous en dire plus à propos de celui-ci ?
C'était juste un petit truc pour permettre aux fans d'écouter de nouveaux enregistrements. Je suis en train de composer de nouveaux morceaux pour un nouvel album longue durée.


Dans le morceau-titre de ce CD-single, tu parles du fait que Bela Lugosi prenait des drogues dures, et que par conséquent il s'agissait réellement d'un junkie... Comment as-tu eu l'idée d'écrire ce texte au thème inhabituel ?...
Cette idée m'a été inspirée par le film "Ed Wood", dans lequel Martin Landau jouait le personnage de Bela Lugosi.
...Et en général, quel genre de thèmes tes paroles abordent-elles ?...
Tout ce que j'écris se rapporte à l'horreur et à l'épouvante d'une manière ou d'une autre. Cela va de la Mort aux vampires, aux zombies, aux assassins, aux serial killers, etc.
Est-ce que chaque membre du groupe partage cet intérêt marqué pour les ténèbres et l'Horreur ?... Quand et comment t'es-tu intéressé à cela ?
Je suis le seul compositeur et le seul directeur de la création au sein du groupe, et donc c'est surtout moi qui m'intéresse à ces sujets. J'ai commencé comme la plupart des gens, en regardant des films d'horreur quand j'étais gosse. Pour ce qui est des films, j'ai tendance à préférer les grands classiques , avec des stars comme Bela Lugosi, Karloff, et Chaney. J'aime aussi beaucoup de trucs des années 70 comme "Salem", "Phantasm", "L'Exorciste", "The Omen", "Massacre à la tronçonneuse", et "Shining". J'aime aussi des trucs plus légers comme "Mad Monster Party". Et pour finir, je suis un très grand fan du film français "La Cité des Enfants Perdus", et des films de David Lynch comme "Eraserhead" et "Blue Velvet". A ce propos, je projette de me marier avec la vedette de "La Cité des Enfants Perdus", Judith Vittet, lorsqu'elle en aura l'âge !

Et ces goûts particuliers sont-ils en rapport avec un réel intérêt pour les phénomènes étranges et paranormaux ?... As-tu des croyances "mystiques" ?... Et as-tu personnellement connu des expériences étranges, dans ta vie ?...
Cette question pourrait vraiment me fournir une occasion parfaite pour raconter des conneries à tes lecteurs afin de me rendre plus intéressant, mais au lieu de cela, je préfère dire la vérité. Je suis vraiment un ardent réaliste, et je n'ai pas de quelconques croyances mystiques ou religieuses.
Il semble qu'il y ait beaucoup de groupes musicaux branchés "Horreur" au Texas, qu'il s'agisse de groupes Horror Punk, Psychobilly, ou autres... Comment expliques-tu cela ? En Europe, le Texas est surtout connu pour le feuilleton "Dallas", pour ses businessmen millionaires, et pour son industrie du pétrole. En vivant dans un tel environnement, n'as-tu pas quelquefois le sentiment que vous êtes des sortes d'étranges créatures, ou de "martiens" ?...
Il y a pas mal de groupes branchés Horreur rien que dans le secteur de Dallas, et je ne saurais pas vraiment expliquer pourquoi, c'est quelque chose que moi-même, je ne comprends pas. Personnellement, je crois que le ridicule feuilleton TV "Dallas" est la cause de ce que les gens s'imaginent à propos de Dallas et du Texas en général. Ce n'est qu'une grande ville américaine parmi d'autres, et elle abrite plein d'autres marginaux et créatures étranges à part nous.
Faîtes-vous souvent de la scène ? Comment est l'ambiance de vos concerts, en général ? Et jusqu'à présent, avec quels autres groupes avez-vous joué ?
Nos concerts sont énergiques et explosifs, nous voulons frapper le public en pleine face à coup de bottes ferrées et le faire saigner ! Nous avons joué avec trop de groupe pour les mentionner tous ici, mais nous avons récemment fait un concert à Dallas avec le légendaire groupe psychobilly THE METEORS. J'ai donné un CD à Paul Fenech, il est allé l'écouter dans la voiture de quelqu'un, puis il est revenu dans la salle et m'a dit qu'il l'avait vraiment apprécié. Il m'a aussi donné l'impression qu'il se pourrait qu'ils nous prennent comme groupe de première partie un de ces jours.
As-tu l'intention d'enregistrer bientôt votre second album ?
Oui, je suis en train de composer de nouveaux titres pour Antidote Records.
Merci beaucoup pour cette interview ! Pour terminer, as-tu quelque chose à ajouter ?...
Un grand merci à toi, Hans, ainsi qu'à WARDANCE pour cette interview, et j'invite aussi tous les gens de France à rejoindre la "SHADOW REICHENSTEIN MONSTER PARTY" sur www.shadowreichenstein.com !



DISCOGRAPHIE
. "It's Monster Rock" CD album 2001
. "Bela was a Junkie" Demo CD single, 2003
. "Werewolf Order" LP/CD album, 2005


Extraits sonores :







vendredi 12 juin 2015

Streetpunk Xmas Party 2015 [CONCERT] : COCKNEY REJECTS, INFA-RIOT, SHAM 69, THE ADICTS etc

Une fort belle affiche pour le festival "STREETPUNK XMAS PARTY" qui aura lieu les 4 et 5 décembre 2015 à Boquého dans les Côtes d'Armor (dpt 22), en Bretagne.

Groupes programmés :

SHAM 69 (featuring Jimmy Pursey),
COCKNEY REJECTS, INFA-RIOT, THE ADICTS, TROTSKIDS, THE GONADS, WUNDERBACH, ARGY BARGY, CONTROL, GUITAR GANGSTERS, VICIOUS RUMOURS, GUNDOG etc


Pour en savoir plus, reportez-vous à l'interview des organisateurs de ce méga concert, réalisée et publiée par BREIZH INFO :

Streetpunk Xmas Party 2015 : INTERVIEW
 
 
 

jeudi 5 mars 2015

AION : Coldwave identitaire européenne [INTERVIEW]



AION était un groupe de Coldwave identitaire européenne, composé de seulement deux personnes. L'un des deux gars était français, et l'autre luxembourgeois. Les morceaux du seul et unique album "Devotio", bien que fort variés les uns par rapport aux autres du point de vue de leurs compositions, s'inscrivaient plutôt dans une lignée Cold Wave progressive et mélodique, marquée par une forte présence des claviers. Très attachés à l'idée européenne, ils chantaient tantôt en français, tantôt en latin, en anglais, en italien, en allemand etc.
Retour sur un intéressant et fort éclairant entretien réalisé à l'époque.
Un document rare, aujourd'hui.


Entretien avec Laurent, du groupe AION

Propos recueillis par Hans Cany, le 12 novembre 2001


Hans :   Salut Laurent. Pour commencer suivant les conventions d'usage, voici une question rabâchée mais incontournable : Peux-tu dresser un petit historique et exposer une présentation concise d'AION à nos lecteurs ?

Laurent :   An 413 après la fondation de Rome : Le général Publius Decius Mus, devant la situation désespérée où se trouvaient les Armées de la République Romaine des Quirites, offrait sa vie aux dieux en échange de la victoire. (Cet acte sacralisé était défini par le terme de " Devotio " -NDLR)
An 724 après la fondation, Titus Livius rappelle à ses contemporains les valeurs qui ont fait la grandeur de Rome: civisme, courage et abnégation pour la seule gloire de la Ville Eternelle.An 2000 e.v., AION (l'Eternité, en Grec classique) fait lui-même sa " DEVOTIO ", en 10 titres chantés en français, en anglais, en allemand, en italien et... en latin, évidemment.
AION est né en 1994, par la parution d'un split CD, Nouvelles Musiques Européennes (épuisé), avec un groupe marseillais dont je n'ai plus entendu parler depuis. Ont suivi 5 années sans jamais être satisfait de nos chansons, jusqu'à ce que l'insistance d'un petit label parisien nous pousse à sauter le pas et à enregistrer " DEVOTIO ".

H :   En écoutant votre premier CD "Devotio", on est très tenté de définir votre musique comme une sorte de "Cold wave symphonique", agrémentée de passages néo-Folk et Electro. Comment définiriez-vous votre propre style, et quelles sont vos principales références et influences musicales ?

L :   Devotio est effectivement un CD assez éclectique pour deux raisons majeures : la durée exceptionnelle de préparation, qui reflète l'évolution de nos goûts musicaux : des chansons électro, comme " Sous l'orage" ou " Will ", écrites il y a quelques années déjà, côtoient des titres plus récents, à l'inspiration néo-folk (" Sopra Di Noi ", " Devotio "). De plus, Stéphane et moi avons un background assez différent. C'est un guitariste classique, amateur de cold wave, de pop anglaise et de musique wagnérienne. De mon côté, j'ai passé l'adolescence bercé par l'EBM de FRONT 242, un peu de goth (SISTERS, XYMOX, etc), puis NINE INCH NAILS et du néo-folk (DEATH IN JUNE , SOL INVICTUS, CURRENT 93,...). Nous nous sommes retrouvés sur des valeurs communes : DEAD CAN DANCE (évidemment !), LAIBACH , mais aussi les symphonies de poche de DIVINE COMEDY ou de MICKAEL NYMAN, par exemple.






H :   ...Et dans les domaines littéraire, philosophique, spirituel, artistique etc, quelles sont vos préférences et vos sources d'inspiration ?


Dans le domaine spirituel, nous sommes naturellement portés vers le paganisme européen. Mais un paganisme apollinien, solaire. Le côté sombre et dérangé du " paganisme " affiché par les groupes goths en général, des groupes américains en particulier, ne nous intéresse pas (sans parler même du satanisme) ! Nous n'avons pas de problèmes personnels à régler avec le christianisme ! Nous ne sommes pas pour un " christianisme inversé ", mais pour la transmutation des valeurs nietzschéennes, qui n'a rien à voir avec la morbidité ou une attirance malsaine pour " le Mal ".
Nous sommes par ailleurs influencés par les philosophies de la décadence (ce qui ne veut pas dire que nous aimons et recherchons les comportements décadents). Cette philosophie, inspirée des paganismes européens et hindous et basée sur la vision cyclique traditionnelle de ces spiritualités, nie le mythe judéo-chrétien du progrès comme bénéfique et affirme que, loin de progresser, l'humanité est en régression constante, d'un point de vue spirituel, culturel, voire physique !
Un simple exemple : qu'est-ce qui distingue l'homme moderne athée, de la fourmi ou du batracien ? Rien : il passe son temps à trouver les moyens de sa subsistance, avant d'être poussé presque instinctivement à se reproduire avant de mourir. Quel est le but d'une telle vie ? Où est l'humanité dans une telle existence ? Est-ce pour cela que les sociétés occidentales modernes connaissent un taux de suicides (ou de comportements suicidaires) inégalé dans l'histoire de l'humanité ?


Le mythe du " progrès " et de la " Raison " a transformé l'homme en animal consommant. L'étape suivante consiste à lui enlever tout ce qui lui reste d'humain, à savoir son identité. C'est le but de la mondialisation (les différences culturelles nationales sont un frein à la production de masse universelle : les briser est le but ultime de la civilisation du " progrès " !).

La littérature est une chose très mineure pour moi. Je ne dis pas qu'il ne faut pas lire, au contraire : le développement personnel est central dans notre vision du monde. Mais alors que nous vivons une période de changements révolutionnaires comme il en arrive très peu dans l'histoire de l'humanité, comment parler avec enthousiasme de belles histoires ?


 


H:   Un autre aspect, et non des moindres, de votre démarche et de tout ce qui fait l'âme d'AION, c'est votre profond enracinement dans l'héritage culturel européen, voire même, n'ayons pas peur des mots, votre orientation "militante" dans un sens très identitaire. Ceci n'est guère courant dans le milieu des musiques dites "sombres" ou "froides", notamment en France... Peux-tu nous exposer de manière synthétique les diverses dimensions de cet engagement ?

 
L :   Une chose m'énerve particulièrement : ne pas aller jusqu'aux conséquences ultimes de ses engagements.
Un exemple : le Tibet. Combien de belles âmes s'émeuvent du destin de ce petit pays ? Combien militent même pour la défense de ce pays ? Les autorités chinoises ont très bien compris comment briser la résistance des Tibétains. Pas par la violence, non : par l'ethnocide. C'est-à-dire par l'immigration de chinois d'ethnie Han qui par leur présence massive corrompent et détruisent l'identité tibétaine. Personne ne songe à parler d' " enrichissement par les différences ", de " chance pour le Tibet " ! On sait qu'il s'agit d'une stratégie cynique du pouvoir central. Elle avait d'ailleurs déjà été appliquée avec succès par Staline.
Comment ne pas voir que ce qui arrive au Tibet est exactement le même phénomène que nous vivons actuellement (la violence des nouveaux arrivants en plus) ?

Comment ne pas comprendre que des pays " mondialisés ", acculturés, ne pourront rien faire pour défendre la culture nationale d'ethnies menacées, parce qu'ils participent eux-mêmes au phénomène ethnocidaire. Comment justifier le Tibet aux Tibétains quand on criminalise ce même slogan pour son propre peuple ?
Le milieu des musiques sombres ou froides, comme tu le dis, est un de ceux où les imageries se plongent le plus dans notre " plus longue mémoire ". Malheureusement souvent en les dévoyant pour faire passer des petites psychoses personnelles. Parce qu'effectivement, pour être plongé dans les mythologies européennes et être en même temps vaguement mondialiste, il faut être un petit peu schizophrène ! Ce qui m'étonne moi, c'est qu'il n'y ait pas plus de gens qui associent la forme identitaire européenne et le fond, dans ce milieu.
H :   Votre choix de l'utilisation de diverses langues européennes pour vos textes (Français, Anglais, Allemand, Italien, Latin...) découle-t- il directement de votre enracinement identitaire ?...

L :   Oui et non. La raison première était notre désir d'utiliser les mélodies particulières à chaque langue. Nous voulions évidemment que notre album soit majoritairement chanté en français, mais les sonorités d'autres langues " collaient " mieux sur certaines chansons. Mais s'ajoute à cela effectivement la volonté de montrer notre engagement européen, de sortir du cadre hexagonaliste. Comme nous sommes respectueux des différences, nous avons voulu éviter le piège du " tout anglais ". Quant au latin, sur la chanson titre, " Devotio", il s'imposait car il s'agit du texte original de Tite Live.




H :   Le "politiquement correct" et les flics de la pensée tenant partout le haut du pavé, l'affichage de ce côté "engagé" ne vous fait-il pas connaître parfois des difficultés ?... A-t-on tenté de vous diaboliser, de vous exclure de certains milieux musico-culturels auxquels vous êtes pourtant plus ou moins rattachés ?... Je pense notamment à la presse parallèle, fanzines, assos, diffusion etc...
L :   Nous ne nous sentons pas exclus car nous n'avons jamais cherché à y rentrer ! c'est un peu notre problème : nous sommes commercialement nuls et nous ne faisons pas d'efforts pour nous imposer. En fait, nous nous sentons plus libres avec notre petite diffusion : libre de pouvoir dire ce que l'on veut, sans avoir à faire de concessions. Notre album s'est fait exclusivement en home studio, donc avec des frais limités (c'est incroyable ce qu'on peut faire de nos jours chez soi !) : une diffusion d'un millier d'exemplaires à suffi amplement à couvrir tous les frais. Je trouve d'ailleurs que c'est déjà un assez joli score. Ceux qui connaissent AION savent où nous trouver, le bouche à oreille marche bien.... en clair : j'emmerde les flics, les assocs et la " presse parallèle " en général.

H :   Vous sentez-vous également sensibilisés par certains combats menés sur des fronts parallèles, comme l'Ecologie, la condition animale, etc ? Selon vous, ces questions s'intègrent-elles à une problématique globale, ou bien doivent-elles être traîtées de manière strictement indépendante ?


Evidemment que ces questions s'intègrent à une vision du monde globale ! Le rapport de l'homme au Cosmos est éminemment dépendant de sa philosophie, de sa culture : environnement, condition animale, bioéthique,... tout cela est lié.

En fait, deux visions du monde s'opposent : pour les gens du Livre, Dieu a créé l'homme pour qu'il dispose du monde à sa guise. Conséquences : l'homme est en dehors du cosmos (de la nature, les animaux,...), il est parfait (à l'image de Dieu lui-même) donc intouchable et est propriétaire du monde qui l'entoure. Pour les civilisations traditionnelles, l'homme (comme les dieux, d'ailleurs) est partie intégrante du Cosmos... Si pour Héraclite " Les Dieux sont des Hommes immortels, les Hommes des Dieux mortels ", les uns comme les autres font partie du grand tout... Zeus lui même ne prend-t-il pas souvent l'apparence d'un animal pour se mêler au monde des hommes ?Ainsi, pour un monothéiste, considérer que les grands primates sont des hominidés ou que l'on puisse toucher au génome humain, sont péchés absolus ! Les explications larmoyantes sur " les dangers de l'eugénisme " ne sont que littérature et " foutage de gueulure " pour les gogos. Il est à cet égard remarquable que l'on ait nommé un homme de tradition biblique, le Professeur Axel Kahn, à la tête du Comité de Bioéthique : on voit tout de suite dans quelles directions vont aller les réflexions de ce comité !

Le rapport de la société occidentale moderne à son environnement , nolens volens très influencée par le Judéo-christianisme (expression qui prend tout son sens dans ce cas précis), mais également à lui même (on pourrait également parler du rapport à la mort), ne peut se comprendre qu'en élargissant la problématique à une Weltanschauung spirituelle et philosophique.

H :   Comment concevez-vous l'évolution (ou l'involution) prochaine de l'espace politico-culturel européen, à plus ou moins longue échéance ?...


L :   Camarade citoyen du monde, bienvenue dans la première guerre civile.... mondiale !




H :   Dans ce qu'il est convenu d'appeler la scène "sombre" -au sens large du terme-  ou les "Nouvelles Musiques Européennes", de nombreuses formations de tous pays affectent elles aussi, tout comme vous, une imagerie et un contenu très enracinés, comme par exemple LAIBACH, VON THRONSTAHL, DER BLUTHARSCH, FORTHCOMING FIRE, DEATH IN JUNE, et bien d'autres... Appréciez-vous ce qu'ils font, et y aurait-il des références similaires mais moins connues dont vous pourriez recommander l'écoute ?...



L :   J'aime beaucoup ces groupes, même s'il me semble parfois que le côté underground, expérimental, sert à cacher un certain manque d'inspiration musicale (remarque qui ne se limite pas à ces groupes en particuliers, mais à tous ceux qui se contentent d'une voix d'outre tombe ou saturée sur fond de bruit bizarres - fournis en preset sur leurs petites machines - ou sampling de leur cuvette de chiottes).Autant vous dire que mes goûts musicaux sont assez éclectiques, donc ma connaissance de chaque style pas encyclopédique ! Je connais certainement beaucoup moins de groupes de ce genre que le lecteur moyen de tes publications !
H :   Le fait que les membres d'AION résident dans des pays différents ne doit pas être une situation facile à gérer... Comment cela se passe-t-il pour composer, répéter, pour les concerts, etc ?

L :   Vu notre éloignement, nous sommes surtout un groupe de studio ! Effectivement, nos concerts sont rarissimes parce que les occasions de nous voir sont rares. Nous échangeons principalement des cassettes ou disquettes, retravaillons les morceaux de l'autre et les renvoyons à l'expéditeur. L'émulation n'en est que plus forte : on ne peut décemment pas renvoyer quelque chose qui n'a pas été profondément amélioré ! Les quelques fois par an où nous composons réellement ensemble sont par contre souvent l'occasion de jaillissements d'idées qui m'impressionnent toujours. Stéphane est un guitariste d'une créativité exceptionnelle, mais qui se contente trop facilement de ce qu'il fait. Quand je le pousse dans ses retranchements, il y a intérêt à laisser tourner le magnéto ! Et alors, il faut que je me transcende pour trouver un arrangement à la hauteur !




H :   En fait, on n'entend plus beaucoup parler de vous depuis la sortie, pourtant remarquée, de votre premier album "Devotio", en 2000... Le groupe est-il actuellement "en sommeil", ou nous préparez-vous votre grand retour pour bientôt ?...



L :   La préparation de " Devotio " m'avait un peu dégoûté de la musique. Stéphane, de son côté, refaisait sa vie du coté de l'Europe Centrale et n'avait plus beaucoup de temps à consacrer à cela. Mais depuis notre dernière session ensemble, nous avons déjà 5 ou 6 titres en chantier, dont le premier extrait est fini et devrait sortir d'ici quelques semaines sur une compilation consacrée à l'anti-mondialisation. A cette occasion, nous avons provisoirement abandonné les thèmes métapolitiques pour nous lancer dans une bataille plus tournée vers l'actualité immédiate. Nous continuons à travailler sur le reste de l'album, qui devrait être prêt dans les mois qui viennent.



H :   D'après mes sources, vous travaillez actuellement en collaboration avec KAISERBUND sur la composition de nouveaux morceaux... Faut-il donc s'attendre à un changement de style radical, sur votre prochaine réalisation ?... Le nouveau son d'AION ne va-t-il pas s'orienter davantage vers un genre Electro-Indus, voire Technoïde ?...

L :   E possibile ! Tu as de bonnes sources ! Un genre plus remuant nous intéresserait effectivement et représenterait une autre facette réelle de notre personnalité. Mais il y aura également quelques morceaux folks sur base de guitare 12 cordes et d'ambiances symphoniques.


H :  Afin de conclure cet entretien comme nous l'avons commencé, sans déroger aux conventions, je te laisse le mot de la fin. Donc, tu as carte blanche !...

L :  Cela commence à devenir une tradition pour terminer nos interviews... : Apollon reviendra !





DISCOGRAPHIE :
-Participation au split CD " Nouvelles Musiques Européennes ", 1994
-Album CD " Devotio " (Coproduction Mémorial Records/NEM, 2000)


PAROLES DE CHANSONS

L'ASCETE ET LE GUERRIER
Je ne suis pas né d'un hasard
Je suis le fruit d'une histoire
Et je tiens dans mes mains
Le monde de demain
Pour unique destin
D'être un Européen
De la naissance à la fin
Le sang est notre lien
Par cette loi sacrée
Transcender l'humanité
Ensemble, âmes immaculées
Rechercher l'ascète et le guerrier
Façonnés par les millénaires
Nos ancêtres et la terre
Leur sang coule dans mes veines
Leur sang coule et leurs peines
Leur souvenir enivrant
Nous conduit incandescents
Vers la force et la pureté
D'un âge d'or retrouvé
Par cette loi sacrée
Transcender l'humanité
Ensemble, âmes immaculées
Rechercher l'ascète et le guerrier
 


SOUS L'ORAGE

Sous l'orage et la pluie, dans le vent, la marée
Les hommes endormis, l'océan déchaïné
La colère des Dieux devant leur apathie
Noircissant les cieux
Où est leur volonté, là est leur liberté
Dans le vent, la marée, les hommes trop nourris
Remâchent leur passé et leurs rêves enfouis
Vieillissant doucement, leurs cheveux blanchis,
Sans songer un instant
Qu'où est leur volonté, là est leur liberté
Dans un monde trop grand, les hommes inconscients
Livrent sans testament leurs terres aux puissants
Et sans verser de sang sacrifient leurs enfants
Oubliant simplement

Qu'où est leur volonté, là est leur liberté


SALUT AU SOLEIL
Sol est sans alliés
Dans les temps glacés
Les hommes ont oublié
L'essence du sacré
Salut Sol, Soleil
Domine les nuées
De ta course, Soleil
Sombre est la Cité
Répands ta clarté
Salut Sol, Soleil

OSSAMA WAR (2001)
Camarade citoyen du monde, bienvenue à toi
Dans la première guerre civile … mondiale !

Plus de lois, plus de frontières entre toi et la guerre
C'est la mondialisation : putain de révolution (ha ha ha) !
Ton voisin d'en face, jogging et nike air,
Citoyen modèle d'une société libérale
Cultive ses souches virales (ha ha ha) !
" Pas d'amalgames, non ! Ce n'est pas une guerre de religion "
Plutôt un " outsourcing "… bidon !

Oh oh Ossama est là haut
Oh oh et dans tous les cerveaux
Ossama c'est le libre échange et les capitaux
Des succursales dans tous les pays occidentaux
Oh oh Ossama eïa o
Ossama symbole des temps nouveaux
Ossama est disponible aussi à domicile
Retour sans frais, c'est garanti, tu vois c'est facile !

Around the world, oumma oumma oumma.war, let's go !



Et pour conclure en beauté...
UN PEU DE SON :