Un peu d'exotisme avec une réalisation qui nous parvient des antipodes, et plus précisément du Pays du Long Nuage Blanc, Aotearoa de son nom maori. Autrement dit, de Nouvelle-Zélande. Ce n'est pas tous les jours que l'on a l'occasion de chroniquer des productions musicales venues de ces si lointaines contrées. Aussi, ce split LP, de par son caractère exceptionnel, appelle une attention toute particulière.
Les deux groupes, GRIPPER comme VICIOUS RUMOUR, sont néo-zélandais, et sont donc d'illustres inconnus sous nos latitudes. Certains connaisseurs avertis, de ces passionnés qui s'intéressent aux raretés musicales les plus obscures et qui se penchent sur les scènes étrangères les moins probables voire les plus insolites, auront néanmoins peut-être déjà repéré le nom de GRIPPER, qui est le nom qui monte actuellement au sein de la scène locale.
La face GRIPPER de ce split LP nous gratifient d'un Punk classique dans la plus pure tradition du début des années 80, et qui n'est pas sans évoquer le style à la fois primitif, linéaire et quasi-tachycardiaque des DESTRUCTORS à la même époque. Pas étonnant lorsqu'on apprend que le chanteur du groupe n'est autre que Neil Singleton, transfuge des DESTRUCTORS, aujourd'hui exilé chez les kiwis. C'est brut, c'est authentique, c'est rentre-dedans, et on ne s'ennuie pas à l'écoute de ces sept morceaux qui s'enchaînent d'autant mieux qu'ils s'appuient sur de bonnes compositions, nanties d'un son puissant.
VICIOUS RUMOUR était un groupe Streetpunk bien connu de la scène néo-zélandaise, et ne doit pas être confondu avec le vieux groupe punk/oi! britannique VICIOUS RUMOURS (au pluriel), ni avec le groupe hardcore punk australien VICIOUS CIRCLE.
Malheureusement, la fête qui a été donnée à l'occasion de la sortie de ce split LP aura aussi marqué la fin du groupe, qui s'est séparé aussitôt après. Les cinq morceaux de la face VICIOUS RUMOUR s'inscrivent dans un registre sonore à la fois proche et très différent de GRIPPER. Des mélodies accrocheuses, des refrains et des choeurs très OI!, le tout dans un style que l'on pourrait placer quelque part entre les DESTRUCTORS, ANGELIC UPSTARTS et les COCKNEY REJECTS, tels sont les ingrédients qui caractérisent la musique de ce groupe, qui n'a somme toute rien à envier aux grandes pointures de la OI! britannique de la première moitié des années 80.
"Piss'N'Boots" constitue donc dans l'ensemble un excellent split LP, doublé d'une brillante carte de visite pour la scène musicale injustement méconnue de ce pays. Sans aucun doute, ce disque est, avec GOBSMAKT, la meilleure réalisation musicale néo-zélandaise que j'aie entendue jusqu'à présent. Jetez-vous dessus, avant que l'objet ne soit épuisé et devienne par conséquent introuvable, donc hors de prix.
La page avec Vérole au chant étant tournée pour CHARGE 69, cela faisait quatre ans que l'on patientait, dans l'attente de voir le groupe donner un digne successeur au remarquable "Résistance Electrique". Il faut avouer que la barre était si haute que le risque était grand de voir ce successeur se placer un cran en dessous. Finalement, la déception n'est absolument pas de mise, à tel point que "Much More Than Music" surpasse même son superbe prédécesseur.
Ce nouvel opus, fruit de plus de trois années d'un travail tout aussi consciencieux qu'acharné, d'efforts considérables et de sacrifices personnels pour les membres du groupe qui s'y sont investis corps et âme, n'est pas qu'un album de CHARGE 69 parmi les autres. Le groupe a choisi de réaliser une sorte de "Best of" de grands morceaux classiques de son répertoire, mais ce d'une façon particulièrement intéressante. L'idée, géniale, rappelle quelque peu la démarche entreprise par DIE TOTEN HOSEN, dont l'album "Learning English" de 1991 consistait en une magistrale série de reprises de grands classiques du Punk Rock anglo-saxon de 1976 à 1982, jouées par eux-mêmes mais interprétées au chant par des membres des groupes concernés, principalement leurs chanteurs. CHARGE 69 innove ici en présentant des réenregistrements de ses propres classiques, versions d'autant plus inédites qu'elles sont chantées en anglais par la crème de la scène Punk Rock anglo-saxonne.
Ont répondu présents sur cette galette Beki Bondage (VICE SQUAD), Micky Fitz (THE BUSINESS), TV Smith (THE ADVERTS), Colin (GBH), Charlie Harper (UK SUBS), Arturo Bassick (999 / THE LURKERS), greg cowan (OUTCASTS), Matt Dangerfield (THE BOYS), Campino (DIE TOTEN HOSEN), et Roger Miret (AGNOSTIC FRONT). "Much More Than Music" Vol. 1 est donc le tout premier album de CHARGE 69 à être intégralement chanté dans la langue de Shakespeare, et ce par d'illustres anglophones.
L'album s'ouvre sur "Phoney Paradise", nouvelle version en anglais de "La voix de son mal-être", chantée avec énergie et conviction par TV Smith, des ADVERTS, dont on peut d'ailleurs se réjouir qu'il semble dernièrement renouer avec les sonorités électriques. Le son est encore plus puissant que sur l'originale de 2011, excellence sonore que l'on doit, outre la qualité intrinsèque des musiciens, au fameux producteur Jon Caffery. Cette puissance, ce gros son et cette exécution musicale aussi énergique que carrée se retrouvent ensuite sur la totalité des morceaux du disque. Colin, de GBH, nous offre "The 80's", une version du morceau "Les années 80" digne du répertoire de son propre groupe. Greg Cowan des OUTCAST et le légendaire Charlie Harper, des UK SUBS, nous présentent des incursions dans le monde du Reggae Punk, avec de percutantes adaptations de "Johnny was a good boy" et de "Birth of a Century".
Avec "Those Chains", Matt Dangerfield nous rappelle que les BOYS, pionniers issus du Glam de la première vague punk britannique, sont aujourd'hui de grands garçons et même bien plus encore : de grands anciens du Punk'n'Roll mélodique. La somptueuse Beki Bondage, déesse de VICE SQUAD, nous assène quant à elle une imparable reprise en anglais de "Rockstar Attitude", dans un registre vocal rappelant à la fois Joan Jett et les PLASMATICS. Ces vocaux de Beki sont typiques de la mouture actuelle de VICE SQUAD, mythique groupe punk britannique du début des années 80. Micky Fitz, fameux chanteur et fondateur de THE BUSINESS, nous gratifie d' "Authority", une explosive version anglophone d' "Autorité", qui est appelée à occuper une place de choix dans sa discographie. Dès que surgissent les premiers accords d' "Uniform", on se souvient de l'excellente intro de "Résistance Electrique". Mais ici, Campino, des TOTEN HOSEN, nous en offre une version complète, intégralement chantée et totalement inédite. Laurent, batteur de CHARGE 69, étant très fan d'AGNOSTIC FRONT, il était logique que Roger Miret, du légendaire groupe Hardcore en question, reprenne "Communication zéro", superbement revisité sous le titre "Time to communicate". Le disque se conclut avec "Better Times", reprise du morceau de CHARGE "Temps Meilleurs" avec Arturo Bassick au micro, et qui ainsi chanté rappelle irrésistiblement, bien sûr, THE LURKERS. Rappelons-le, c'est du gros son, carré et incisif. "Much More Than Music" est, aux dires de Laurent, batteur de CHARGE 69, le meilleur album qu'ait réalisé le groupe à ce jour, détrônant même le pourtant brillant "Résistance Electrique". Ce n'est pas moi qui le contredirai. Cet album a de quoi, outre ravir les fans de toujours, réconcilier aussi avec CHARGE 69 tous ceux et toutes celles qui ont du mal avec le chant en français. Cet album intégralement anglophone nous offre un regard totalement inédit sur les capacités musicales de ce qui est, indiscutablement, le plus grand groupe Punk Rock français qu'ait engendré l'Hexagone depuis un certain âge d'or. Le fait que "Much More Than Music" soit estampillé "Volume 1" ne doit rien au hasard. Cela sous-entend bien entendu qu'un volume 2 est actuellement en projet et en cours de préparation. Quels nouveaux joyaux constitueront donc cette suite ? On l'attend d'ores et déjà avec impatience.
On l'aura compris, tout au long de cette chronique : bien plus qu'un simple aboutissement, "Much More Than Music" volume 1 représente une véritable consécration. Ceci fut le dernier disque de CHARGE 69 enregistré avec le talentueux guitariste Laurent "Mumia". Mais ne doutons pas un instant que le groupe a d'ores et déjà recruté un autre guitariste doué, en l'occurrence son guitariste originel, revenu pour l'occasion dans la formation. Enfin, le titre même du disque est là pour nous rappeler que le Punk Rock, comme le punk en général, ne se résument pas qu'à un style musical parmi tant d'autres. Dans sa forme d'origine, le Punk est aussi censé englober une certaine vision du monde, un état d'esprit, un univers culturel et une révolte qui émanent pleinement de l'album. Sous l'égide de l'ami Caps, CHARGE 69 signe ici un nouveau coup de maître.
En résumé, "Much More Than Music" tient pleinement ses promesses. Un disque magistral sur lequel, fans confirmés de CHARGE 69 comme adeptes inconditionnels du vieux Punk anglo-saxon, peuvent -et doivent- tous se jeter les yeux fermés. Il existe en version LP vinyl de différentes couleurs, ainsi qu'en CD. Notons juste une petite erreur d'impression sur le pressage CD, dont la pochette se trompe quant à l'ordre des derniers morceaux. Faites-vous plaisir. Soutenir CHARGE 69 aujourd'hui, c'est soutenir un grand, un très grand groupe. Ce nouveau disque témoigne de la reconnaissance dont il fait l'objet, non seulement en France mais dans le monde entier. On se prend à rêver que ce type de morceaux, chantés par des vedettes anglophones du Punk, devienne à terme une sorte de marque de fabrique pour le groupe. Car, foi de punk rocker depuis près de trente ans, je n'hésiterai pas à dire qu'en la matière, ils excellent.
HANS
Site dédié tout spécialement au nouvel album Vous pourrez y commander disques, t-shirts etc :
Une fort belle affiche pour le festival "STREETPUNK XMAS PARTY" qui aura lieu les 4 et 5 décembre 2015 à Boquého dans les Côtes d'Armor (dpt 22), en Bretagne.
Groupes programmés :
SHAM 69 (featuring Jimmy Pursey), COCKNEY REJECTS, INFA-RIOT, THE ADICTS, TROTSKIDS, THE GONADS, WUNDERBACH, ARGY BARGY, CONTROL, GUITAR GANGSTERS, VICIOUS RUMOURS, GUNDOG etc
Pour en savoir plus, reportez-vous à l'interview des organisateurs de ce méga concert, réalisée et publiée par BREIZH INFO :
Vous voulez que je rédige et que je publie une recension détaillée de votre disque, de votre bouquin, de votre revue, de votre fanzine... ?
Une seule solution =====> vous m'en envoyez un exemplaire gratos. Et le véritable objet, concret, manufacturé, sonnant et trébuchant. Pas juste des flyers, des photocopies, un CD-R gravé, ni des putains de MP3. Je ne chroniquerai QUE ce que je recevrai gracieusement dans ce but, et c'est, me semble-t-il, la moindre des choses.
Il est pour le moins stupéfiant d'être à présent obligé de rappeler une si criante évidence. A croire que les temps ont bien changé, puisque jusqu'au début des années 2000, je croulais littéralement sous les envois promotionnels. Mais force est de constater qu'aujourd'hui, ceux-ci se font bien rares... Et c'est un euphémisme.
Depuis plus de 25 ans, j'estime avoir largement fait mes preuves. J'ai en effet réalisé des fanzines musicaux papier dès 1987, et ce jusqu'en 1999. De 1998 à 2008 ou 2009, j'ai aussi fait un site/webzine baptisé "Wardance", et qui en était la continuité. Aujourd'hui encore, je continue l'aventure sour la forme d'un blog intitulé "No Compromise" (le présent blog). Dans le cadre de toutes ces publications papier et internet, j'ai depuis 1987 chroniqué des dizaines (centaines ?) de disques et de démos, interviewé des dizaines de groupes et artistes (anglophones et francophones), et chroniqué/recensé également bon nombre de fanzines, de revues et de livres.
Si vous ne daignez même pas m'offrir un malheureux disque, bouquin ou revue/fanzine en échange de mon travail, alors que je ne demande pas la moindre autre rémunération, ne vous attendez pas à ce que je lève le petit doigt. Tout le monde s'accorde à dire que "j'écris bien" et aime en profiter à l'occasion, mais bien peu nombreux sont ceux qui consentent, depuis quelques années, à me donner quoi que ce soit en retour. On avait jadis fait le même coup à mon père, dont certains essayaient d'exploiter les talents de dessinateur...sans la moindre contrepartie ! Terminé, tout cela. Ca ne prend plus. En guise de conclusion, tenez-le vous pour dit : dorénavant, vous n'aurez rien sans rien.
AION était un groupe de Coldwave identitaire européenne, composé de seulement deux personnes. L'un des deux gars était français, et l'autre luxembourgeois. Les morceaux du seul et unique album "Devotio", bien que fort variés les uns par rapport aux autres du point de vue de leurs compositions, s'inscrivaient plutôt dans une lignée Cold Wave progressive et mélodique, marquée par une forte présence des claviers. Très attachés à l'idée européenne, ils chantaient tantôt en français, tantôt en latin, en anglais, en italien, en allemand etc. Retour sur un intéressant et fort éclairant entretien réalisé à l'époque. Un document rare, aujourd'hui. Entretien avec Laurent, du groupe AION
Propos recueillis par Hans Cany, le 12 novembre 2001
Hans : Salut Laurent. Pour commencer suivant les conventions d'usage, voici une question rabâchée mais incontournable : Peux-tu dresser un petit historique et exposer une présentation concise d'AION à nos lecteurs ?
Laurent : An 413 après la fondation de Rome : Le général Publius Decius Mus, devant la situation désespérée où se trouvaient les Armées de la République Romaine des Quirites, offrait sa vie aux dieux en échange de la victoire. (Cet acte sacralisé était défini par le terme de " Devotio " -NDLR) An 724 après la fondation, Titus Livius rappelle à ses contemporains les valeurs qui ont fait la grandeur de Rome: civisme, courage et abnégation pour la seule gloire de la Ville Eternelle.An 2000 e.v., AION (l'Eternité, en Grec classique) fait lui-même sa " DEVOTIO ", en 10 titres chantés en français, en anglais, en allemand, en italien et... en latin, évidemment. AION est né en 1994, par la parution d'un split CD, Nouvelles Musiques Européennes (épuisé), avec un groupe marseillais dont je n'ai plus entendu parler depuis. Ont suivi 5 années sans jamais être satisfait de nos chansons, jusqu'à ce que l'insistance d'un petit label parisien nous pousse à sauter le pas et à enregistrer " DEVOTIO ".
H : En écoutant votre premier CD "Devotio", on est très tenté de définir votre musique comme une sorte de "Cold wave symphonique", agrémentée de passages néo-Folk et Electro. Comment définiriez-vous votre propre style, et quelles sont vos principales références et influences musicales ? L : Devotio est effectivement un CD assez éclectique pour deux raisons majeures : la durée exceptionnelle de préparation, qui reflète l'évolution de nos goûts musicaux : des chansons électro, comme " Sous l'orage" ou " Will ", écrites il y a quelques années déjà, côtoient des titres plus récents, à l'inspiration néo-folk (" Sopra Di Noi ", " Devotio "). De plus, Stéphane et moi avons un background assez différent. C'est un guitariste classique, amateur de cold wave, de pop anglaise et de musique wagnérienne. De mon côté, j'ai passé l'adolescence bercé par l'EBM de FRONT 242, un peu de goth (SISTERS, XYMOX, etc), puis NINE INCH NAILS et du néo-folk (DEATH IN JUNE , SOL INVICTUS, CURRENT 93,...). Nous nous sommes retrouvés sur des valeurs communes : DEAD CAN DANCE (évidemment !), LAIBACH , mais aussi les symphonies de poche de DIVINE COMEDY ou de MICKAEL NYMAN, par exemple.
H : ...Et dans les domaines littéraire, philosophique, spirituel, artistique etc, quelles sont vos préférences et vos sources d'inspiration ?
Dans le domaine spirituel, nous sommes naturellement portés vers le paganisme européen. Mais un paganisme apollinien, solaire. Le côté sombre et dérangé du " paganisme " affiché par les groupes goths en général, des groupes américains en particulier, ne nous intéresse pas (sans parler même du satanisme) ! Nous n'avons pas de problèmes personnels à régler avec le christianisme ! Nous ne sommes pas pour un " christianisme inversé ", mais pour la transmutation des valeurs nietzschéennes, qui n'a rien à voir avec la morbidité ou une attirance malsaine pour " le Mal ". Nous sommes par ailleurs influencés par les philosophies de la décadence (ce qui ne veut pas dire que nous aimons et recherchons les comportements décadents). Cette philosophie, inspirée des paganismes européens et hindous et basée sur la vision cyclique traditionnelle de ces spiritualités, nie le mythe judéo-chrétien du progrès comme bénéfique et affirme que, loin de progresser, l'humanité est en régression constante, d'un point de vue spirituel, culturel, voire physique ! Un simple exemple : qu'est-ce qui distingue l'homme moderne athée, de la fourmi ou du batracien ? Rien : il passe son temps à trouver les moyens de sa subsistance, avant d'être poussé presque instinctivement à se reproduire avant de mourir. Quel est le but d'une telle vie ? Où est l'humanité dans une telle existence ? Est-ce pour cela que les sociétés occidentales modernes connaissent un taux de suicides (ou de comportements suicidaires) inégalé dans l'histoire de l'humanité ?
Le mythe du " progrès " et de la " Raison " a transformé l'homme en animal consommant. L'étape suivante consiste à lui enlever tout ce qui lui reste d'humain, à savoir son identité. C'est le but de la mondialisation (les différences culturelles nationales sont un frein à la production de masse universelle : les briser est le but ultime de la civilisation du " progrès " !).
La littérature est une chose très mineure pour moi. Je ne dis pas qu'il ne faut pas lire, au contraire : le développement personnel est central dans notre vision du monde. Mais alors que nous vivons une période de changements révolutionnaires comme il en arrive très peu dans l'histoire de l'humanité, comment parler avec enthousiasme de belles histoires ?
H: Un autre aspect, et non des moindres, de votre démarche et de tout ce qui fait l'âme d'AION, c'est votre profond enracinement dans l'héritage culturel européen, voire même, n'ayons pas peur des mots, votre orientation "militante" dans un sens très identitaire. Ceci n'est guère courant dans le milieu des musiques dites "sombres" ou "froides", notamment en France... Peux-tu nous exposer de manière synthétique les diverses dimensions de cet engagement ?
L : Une chose m'énerve particulièrement : ne pas aller jusqu'aux conséquences ultimes de ses engagements. Un exemple : le Tibet. Combien de belles âmes s'émeuvent du destin de ce petit pays ? Combien militent même pour la défense de ce pays ? Les autorités chinoises ont très bien compris comment briser la résistance des Tibétains. Pas par la violence, non : par l'ethnocide. C'est-à-dire par l'immigration de chinois d'ethnie Han qui par leur présence massive corrompent et détruisent l'identité tibétaine. Personne ne songe à parler d' " enrichissement par les différences ", de " chance pour le Tibet " ! On sait qu'il s'agit d'une stratégie cynique du pouvoir central. Elle avait d'ailleurs déjà été appliquée avec succès par Staline. Comment ne pas voir que ce qui arrive au Tibet est exactement le même phénomène que nous vivons actuellement (la violence des nouveaux arrivants en plus) ?
Comment ne pas comprendre que des pays " mondialisés ", acculturés, ne pourront rien faire pour défendre la culture nationale d'ethnies menacées, parce qu'ils participent eux-mêmes au phénomène ethnocidaire. Comment justifier le Tibet aux Tibétains quand on criminalise ce même slogan pour son propre peuple ? Le milieu des musiques sombres ou froides, comme tu le dis, est un de ceux où les imageries se plongent le plus dans notre " plus longue mémoire ". Malheureusement souvent en les dévoyant pour faire passer des petites psychoses personnelles. Parce qu'effectivement, pour être plongé dans les mythologies européennes et être en même temps vaguement mondialiste, il faut être un petit peu schizophrène ! Ce qui m'étonne moi, c'est qu'il n'y ait pas plus de gens qui associent la forme identitaire européenne et le fond, dans ce milieu.
H : Votre choix de l'utilisation de diverses langues européennes pour vos textes (Français, Anglais, Allemand, Italien, Latin...) découle-t- il directement de votre enracinement identitaire ?... L : Oui et non. La raison première était notre désir d'utiliser les mélodies particulières à chaque langue. Nous voulions évidemment que notre album soit majoritairement chanté en français, mais les sonorités d'autres langues " collaient " mieux sur certaines chansons. Mais s'ajoute à cela effectivement la volonté de montrer notre engagement européen, de sortir du cadre hexagonaliste. Comme nous sommes respectueux des différences, nous avons voulu éviter le piège du " tout anglais ". Quant au latin, sur la chanson titre, " Devotio", il s'imposait car il s'agit du texte original de Tite Live.
H : Le "politiquement correct" et les flics de la pensée tenant partout le haut du pavé, l'affichage de ce côté "engagé" ne vous fait-il pas connaître parfois des difficultés ?... A-t-on tenté de vous diaboliser, de vous exclure de certains milieux musico-culturels auxquels vous êtes pourtant plus ou moins rattachés ?... Je pense notamment à la presse parallèle, fanzines, assos, diffusion etc...
L : Nous ne nous sentons pas exclus car nous n'avons jamais cherché à y rentrer ! c'est un peu notre problème : nous sommes commercialement nuls et nous ne faisons pas d'efforts pour nous imposer. En fait, nous nous sentons plus libres avec notre petite diffusion : libre de pouvoir dire ce que l'on veut, sans avoir à faire de concessions. Notre album s'est fait exclusivement en home studio, donc avec des frais limités (c'est incroyable ce qu'on peut faire de nos jours chez soi !) : une diffusion d'un millier d'exemplaires à suffi amplement à couvrir tous les frais. Je trouve d'ailleurs que c'est déjà un assez joli score. Ceux qui connaissent AION savent où nous trouver, le bouche à oreille marche bien.... en clair : j'emmerde les flics, les assocs et la " presse parallèle " en général.
H : Vous sentez-vous également sensibilisés par certains combats menés sur des fronts parallèles, comme l'Ecologie, la condition animale, etc ? Selon vous, ces questions s'intègrent-elles à une problématique globale, ou bien doivent-elles être traîtées de manière strictement indépendante ?
Evidemment que ces questions s'intègrent à une vision du monde globale ! Le rapport de l'homme au Cosmos est éminemment dépendant de sa philosophie, de sa culture : environnement, condition animale, bioéthique,... tout cela est lié.
En fait, deux visions du monde s'opposent : pour les gens du Livre, Dieu a créé l'homme pour qu'il dispose du monde à sa guise. Conséquences : l'homme est en dehors du cosmos (de la nature, les animaux,...), il est parfait (à l'image de Dieu lui-même) donc intouchable et est propriétaire du monde qui l'entoure. Pour les civilisations traditionnelles, l'homme (comme les dieux, d'ailleurs) est partie intégrante du Cosmos... Si pour Héraclite " Les Dieux sont des Hommes immortels, les Hommes des Dieux mortels ", les uns comme les autres font partie du grand tout... Zeus lui même ne prend-t-il pas souvent l'apparence d'un animal pour se mêler au monde des hommes ?Ainsi, pour un monothéiste, considérer que les grands primates sont des hominidés ou que l'on puisse toucher au génome humain, sont péchés absolus ! Les explications larmoyantes sur " les dangers de l'eugénisme " ne sont que littérature et " foutage de gueulure " pour les gogos. Il est à cet égard remarquable que l'on ait nommé un homme de tradition biblique, le Professeur Axel Kahn, à la tête du Comité de Bioéthique : on voit tout de suite dans quelles directions vont aller les réflexions de ce comité !
Le rapport de la société occidentale moderne à son environnement , nolens volens très influencée par le Judéo-christianisme (expression qui prend tout son sens dans ce cas précis), mais également à lui même (on pourrait également parler du rapport à la mort), ne peut se comprendre qu'en élargissant la problématique à une Weltanschauung spirituelle et philosophique.
H : Comment concevez-vous l'évolution (ou l'involution) prochaine de l'espace politico-culturel européen, à plus ou moins longue échéance ?...
L : Camarade citoyen du monde, bienvenue dans la première guerre civile.... mondiale !
H : Dans ce qu'il est convenu d'appeler la scène "sombre" -au sens large du terme- ou les "Nouvelles Musiques Européennes", de nombreuses formations de tous pays affectent elles aussi, tout comme vous, une imagerie et un contenu très enracinés, comme par exemple LAIBACH, VON THRONSTAHL, DER BLUTHARSCH, FORTHCOMING FIRE, DEATH IN JUNE, et bien d'autres... Appréciez-vous ce qu'ils font, et y aurait-il des références similaires mais moins connues dont vous pourriez recommander l'écoute ?...
L : J'aime beaucoup ces groupes, même s'il me semble parfois que le côté underground, expérimental, sert à cacher un certain manque d'inspiration musicale (remarque qui ne se limite pas à ces groupes en particuliers, mais à tous ceux qui se contentent d'une voix d'outre tombe ou saturée sur fond de bruit bizarres - fournis en preset sur leurs petites machines - ou sampling de leur cuvette de chiottes).
Autant vous dire que mes goûts musicaux sont assez éclectiques, donc ma connaissance de chaque style pas encyclopédique ! Je connais certainement beaucoup moins de groupes de ce genre que le lecteur moyen de tes publications !
H : Le fait que les membres d'AION résident dans des pays différents ne doit pas être une situation facile à gérer... Comment cela se passe-t-il pour composer, répéter, pour les concerts, etc ?
L : Vu notre éloignement, nous sommes surtout un groupe de studio ! Effectivement, nos concerts sont rarissimes parce que les occasions de nous voir sont rares. Nous échangeons principalement des cassettes ou disquettes, retravaillons les morceaux de l'autre et les renvoyons à l'expéditeur. L'émulation n'en est que plus forte : on ne peut décemment pas renvoyer quelque chose qui n'a pas été profondément amélioré ! Les quelques fois par an où nous composons réellement ensemble sont par contre souvent l'occasion de jaillissements d'idées qui m'impressionnent toujours. Stéphane est un guitariste d'une créativité exceptionnelle, mais qui se contente trop facilement de ce qu'il fait. Quand je le pousse dans ses retranchements, il y a intérêt à laisser tourner le magnéto ! Et alors, il faut que je me transcende pour trouver un arrangement à la hauteur !
H : En fait, on n'entend plus beaucoup parler de vous depuis la sortie, pourtant remarquée, de votre premier album "Devotio", en 2000... Le groupe est-il actuellement "en sommeil", ou nous préparez-vous votre grand retour pour bientôt ?...
L : La préparation de " Devotio " m'avait un peu dégoûté de la musique. Stéphane, de son côté, refaisait sa vie du coté de l'Europe Centrale et n'avait plus beaucoup de temps à consacrer à cela. Mais depuis notre dernière session ensemble, nous avons déjà 5 ou 6 titres en chantier, dont le premier extrait est fini et devrait sortir d'ici quelques semaines sur une compilation consacrée à l'anti-mondialisation. A cette occasion, nous avons provisoirement abandonné les thèmes métapolitiques pour nous lancer dans une bataille plus tournée vers l'actualité immédiate. Nous continuons à travailler sur le reste de l'album, qui devrait être prêt dans les mois qui viennent.
H : D'après mes sources, vous travaillez actuellement en collaboration avec KAISERBUND sur la composition de nouveaux morceaux... Faut-il donc s'attendre à un changement de style radical, sur votre prochaine réalisation ?... Le nouveau son d'AION ne va-t-il pas s'orienter davantage vers un genre Electro-Indus, voire Technoïde ?...
L : E possibile ! Tu as de bonnes sources ! Un genre plus remuant nous intéresserait effectivement et représenterait une autre facette réelle de notre personnalité. Mais il y aura également quelques morceaux folks sur base de guitare 12 cordes et d'ambiances symphoniques.
H : Afin de conclure cet entretien comme nous l'avons commencé, sans déroger aux conventions, je te laisse le mot de la fin. Donc, tu as carte blanche !... L : Cela commence à devenir une tradition pour terminer nos interviews... : Apollon reviendra !
DISCOGRAPHIE :
-Participation au split CD " Nouvelles Musiques Européennes ", 1994 -Album CD " Devotio " (Coproduction Mémorial Records/NEM, 2000)
PAROLES DE CHANSONS
L'ASCETE ET LE GUERRIER Je ne suis pas né d'un hasard Je suis le fruit d'une histoire Et je tiens dans mes mains Le monde de demain Pour unique destin D'être un Européen De la naissance à la fin Le sang est notre lien
Par cette loi sacrée Transcender l'humanité Ensemble, âmes immaculées Rechercher l'ascète et le guerrier
Façonnés par les millénaires Nos ancêtres et la terre Leur sang coule dans mes veines Leur sang coule et leurs peines Leur souvenir enivrant Nous conduit incandescents Vers la force et la pureté D'un âge d'or retrouvé
Par cette loi sacrée Transcender l'humanité Ensemble, âmes immaculées Rechercher l'ascète et le guerrier
SOUS L'ORAGE
Sous l'orage et la pluie, dans le vent, la marée Les hommes endormis, l'océan déchaïné La colère des Dieux devant leur apathie Noircissant les cieux
Où est leur volonté, là est leur liberté
Dans le vent, la marée, les hommes trop nourris Remâchent leur passé et leurs rêves enfouis Vieillissant doucement, leurs cheveux blanchis, Sans songer un instant
Qu'où est leur volonté, là est leur liberté
Dans un monde trop grand, les hommes inconscients Livrent sans testament leurs terres aux puissants Et sans verser de sang sacrifient leurs enfants Oubliant simplement
Qu'où est leur volonté, là est leur liberté
SALUT AU SOLEIL Sol est sans alliés Dans les temps glacés Les hommes ont oublié L'essence du sacré
Salut Sol, Soleil
Domine les nuées De ta course, Soleil Sombre est la Cité Répands ta clarté
Salut Sol, Soleil
OSSAMA WAR (2001) Camarade citoyen du monde, bienvenue à toi Dans la première guerre civile … mondiale !
Plus de lois, plus de frontières entre toi et la guerre C'est la mondialisation : putain de révolution (ha ha ha) ! Ton voisin d'en face, jogging et nike air, Citoyen modèle d'une société libérale Cultive ses souches virales (ha ha ha) ! " Pas d'amalgames, non ! Ce n'est pas une guerre de religion " Plutôt un " outsourcing "… bidon !
Oh oh Ossama est là haut Oh oh et dans tous les cerveaux Ossama c'est le libre échange et les capitaux Des succursales dans tous les pays occidentaux Oh oh Ossama eïa o Ossama symbole des temps nouveaux Ossama est disponible aussi à domicile Retour sans frais, c'est garanti, tu vois c'est facile !
Around the world, oumma oumma oumma.war, let's go !
Le nouvel album de ces vétérans du Punk Rock gallois, formés en 1983, s'affirme d'emblée comme un hommage au mouvement social lancé par les mineurs de charbon du sud du Pays de Galles, au milieu des années 80. Cette grève historique, qui ne dura pas moins d'une année entière, opposa à partir de mars 1984 ces travailleurs soucieux de sauvegarder leurs emplois aux velléités de fermeture de vingt mines jugées déficitaires, sous l'impulsion de la très autoritaire gouvernance de Margaret Thatcher. En dépit d'une résistance acharnée, la "Dame de Fer" demeura totalement inflexible, et c'est le cœur empli d'une amertume fort compréhensible que les mineurs durent, en mars 1985, se résoudre à mettre un terme à une lutte tout aussi acharnée que désespérée, sans avoir obtenu gain de cause.
L'un des morceaux présents sur le disque "Miners (The Fathers Sacrifice)", fait d'ailleurs référence au film "Still the enemy within", qui relate le déroulement de ces tragiques événements qui auront durablement marqué la société britannique. A tel point qu'aujourd'hui encore, leur souvenir demeure très vivace dans l'esprit des masses populaires du pays.
C'est bien entendu à ces événements que se rapportent non seulement le graphisme de la pochette du disque, au symbolisme évident, mais également son titre. La "lumière au bout du tunnel", d'ailleurs, est chargée d'une double signification, puisqu'on peut aussi bien y voir une allusion au parcours opiniâtre de FOREIGN LEGION, formation trop longtemps sous-estimée et méconnue. Celle-ci semble de plus en plus accéder enfin à la reconnaissance qu'elle mérite, y compris au-delà des frontières du Royaume Uni. Mieux vaut tard que jamais, pourra-t-on dire...
Ce qui caractérise cet opus et qui le rend particulièrement remarquable dans leur discographie, c'est la manière dont il sonne, perceptible dès le premier morceau, "Jenny", et que l'on retrouve sur pratiquement chacun des douze titres. Si FOREIGN LEGION a toujours été plus ou moins assimilé à la scène OI! / Streetpunk, ayant d'ailleurs à de multiples reprises figuré sur disques et en concert aux côtés de références telles que MAJOR ACCIDENT et autres PARIS VIOLENCE, le groupe nous avait néanmoins habitués jusqu'à présent à un Punk Rock mélodique de très bonne facture, mais somme toute plutôt classique. Ce qui frappe d'emblée ici, c'est un son, un style indéniablement OI!, qui surprendra agréablement tous les amateurs du genre. Des vocaux plus offensifs, un son plus lourd, des mélodies simples mais entraînantes, une rythmique puissante, des chœurs très "working class" : tout, ici, évoque une mouvance musicale qui s'adresse tout autant à un public de skinheads que de punk rockers.
Les fans les plus avertis reconnaîtront pour leur part, dès la seconde plage, une nouvelle version boostée du mémorable "What a place to be", dont la première mouture figurait sur le premier LP "Welcome to Fort Zinderneuf", sorti en 1987. Premier album hélas épuisé depuis très longtemps, et dont la rareté, accentuée par la convoitise des collectionneurs, a fait aujourd'hui un objet fort onéreux... A quand un repressage qui le rendrait de nouveau accessible au commun des mortels, et ce pour un prix d'achat raisonnable ? On attend avec impatience qu'un label prenne enfin cette salutaire initiative. L'appel est lancé !
En conclusion, je ne peux que vous recommander fortement "The Light at the End of the Tunnel" qui, du reste, a d'ores et déjà recueilli des réactions très favorables un peu partout dans le monde. Un accueil enthousiaste tout à fait justifié, pour un album dont le titre suggère qu'il pourrait bien être celui de la consécration. A noter qu'il est disponible en trois versions : un pressage CD, et deux pressages LP vinyl distincts (pressage US vert menthe, et pressage européen vert tacheté de rouge). Une pièce de choix à ajouter sans hésitation à votre collection. Croyez-moi, vous ne le regretterez pas.
Hans
TRACKLIST :
1. Jenny 2. What a place to be 3. Regeneration (Council List) 4. My Radio 5. Hey Girl 6. George Best 7. Stalker 8. Market Trader 9. Three Years (The untold story) 10. Miners (The fathers sacrifice) 11. Drunken Heroes 12. Phoenix from the Flame
Coproduction : Mass Prod/ FFC Productions/8ème Avenue 2012
Faisant suite à un excellent premier album éponyme, sorti en 2010 et également chroniqué sur ce blog, "Stimoceiver", disons-le d'emblée, ne fait que confirmer le très grand potentiel de cette formation bretonne d'ores et déjà incontournable qu'est SUPPOSE IT'S WAR. Il semblait a priori difficile de relever le challenge d'une suite discographique qui ne soit pas juste une simple redite sans grand relief du premier opus. Pourtant, le pari est gagné, et bien gagné.
Dès les premiers assauts du fulgurant "Lullaby for the Butcher", le ton est donné. Si la recette reste fondamentalement la même, celle d'un punkcore métallique surpuissant et sans concessions, le son semble ici encore plus énorme, et les compos encore plus abouties, si tant est qu'on puisse concevoir qu'un degré supplémentaire ait pu être franchi à ces niveaux. Illustrées par les vocaux rageurs de Nico, le guitariste-chanteur, aux intonations qui ne sont pas sans rappeler celles de Wattie (THE EXPLOITED), les déflagrations sonores de SUPPOSE IT'S WAR enchaînent avec brio les variations rythmiques, alternant les passages lourds, aux ambiances orageuses et ténébreuses, avec des envolées survoltées qui, là aussi, évoquent irrésistiblement les plus grandes pointures du Punk Hardcore et du Thrash Metal anglo-saxons et scandinaves. Pour les connaisseurs, je ne puis que citer de nouveau des exemples tels que WOLFPACK, ANTICIMEX, les BROKEN BONES, POISON IDEA, et bien d'autres.
A titre personnel, je tiens tout particulièrement à faire une mention spéciale du superbe instrumental mid-tempo "John Rimbault", petite merveille sur laquelle j'ai littéralement flashé. Ecoutez-le, et sans doute partagerez-vous mon avis...
Il n'y a absolument rien à jeter dans ce second album. Une fois encore, on regrettera juste que son écoute intégrale semble trop courte, car à aucun moment la lassitude ni l'ennui ne se font ressentir. On ne peut qu'espérer et attendre une suite avec avidité. Jetez-vous les yeux fermés sur ce disque. Même si vous le trouvez en écoute gratuite ici où là, même si vous en obtenez des téléchargements ou des copies, cela ne suffit pas. Il fait partie de ces disques que tout fan de Hardcore Punk et de Metal thrashisant qui se respecte se doit d'ajouter à sa discothèque personnelle, en vrai, en dur, concrètement. Car c'est un disque appelé à devenir culte, une référence d'ores et déjà incontournable dans ce style.
SUPPOSE IT'S WAR est un grand groupe. Il est aujourd'hui bien vivant. Ne passez pas à côté, sans quoi vous finirez un jour ou l'autre par le regretter. Soutenez-le. Et si vous êtes responsables d'une salle ou d'une asso organisatrice de concerts, ne vous faites pas prier pour leur offrir des dates. Ce serait là une grave erreur, car vous rateriez ainsi quelque chose de très valable.
Hans
TRACKLIST 1. Lullaby for the Butcher 2. Nation 3. Devil's Hang Out 4. You're Way Off Track 5. John Rimbault 6. Gruesome and Obscene 7. We are One 8. Blamed 9. Strict Control over You 10. Walk on the Edge 11. Stimoceiver
Vous l'aurez sans doute constaté : les prix des disques vinyls neufs tendent à s'envoler, depuis quelque temps. Il n'est désormais plus rare qu'un malheureux petit format (45trs ou EP) soit vendu 5, 6, 7 euros voire plus... Quant aux LPs (33trs), il faut désormais compter 15, 18, 20, 25 euros, et même au-delà !! Ils sont devenus complètement mabouls ou quoi ??? A ce rythme, un pressage d'origine et collector sera bientôt nettement plus abordable qu'un repressage récent...
Il ne faut pas encourager ces abus manifestes en acceptant sans broncher des tarifs aussi exorbitants. C'est une véritable honte. Et cela ne doit pas se banaliser, au point de devenir la "norme". Ne faites pas le jeu de ceux qui se sucrent grassement par le biais de ce juteux business, sous prétexte de repressages plus ou moins "luxueux". S'ils ne vendent pas, ils seront bien forcés, au final, de revoir leurs prix de vente à la baisse, et de revenir à des fourchettes plus raisonnables. C'est mécanique. Et c'est tout con.
Coproduction : Mass Prod/ FFC Productions/8ème Avenue 2010
Loin de moi l'intention de formuler une quelconque spéculation douteuse d'ordre plus ou moins scatologique, au sujet du nom du groupe. Jeu de mots excellemment choisi, et qui ne peut, d'emblée, qu'attirer l'attention sur une formation hors du commun. Nous sommes ici en présence d'un groupe Breton (Fougères, Ille-et-Vilaine), qui pratique un Punkcore Metal surpuissant et dévastateur, aux relents thrashisants survitaminés. Si l'on peut superficiellement songer, de prime abord, à leurs défunts compatriotes bretons les MASS MURDERERS, SUPPOSE IT'S WAR s'en distingue cependant par une touche métallique plus prononcée. La maîtrise des instruments comme les compos sont absolument remarquables. On songera, pêle-mêle, aux meilleures périodes des BROKEN BONES (albums "F.O.A.D.", "Trader in death"), de POISON IDEA, de DISCHARGE, d'ANTICIMEX, de WOLFPACK à THE EXPLOITED période "Death before Dishonour"/"The Massacre", voire même parfois à des réminiscences à la BLACK FLAG. Les vocaux, en anglais, sont rageurs et empreints de cette même sensation d'urgence permanente qui émane d'un rythme déchaîné. C'est sauvage, offensif mais carré, vraiment puissant, imparable. Et varié, en dépit du caractère linéaire inhérent au style Hardcore Punk. SUPPOSE IT'S WAR nous gratifie ici d'un premier album d'anthologie, qui en fait d'ores et déjà le plus grand groupe du genre ayant jamais émergé de Bretagne, voire même peut-être de tout l'Hexagone. On regrette juste qu'avec seulement 11 titres, ce premier opus se termine trop vite... Mais pour une fois, la touche "repeat" du lecteur peut servir à quelque chose. Si vous appréciez le Punk hardcoreux old school, le Thrash Metal, voire le Crust, ne passez surtout pas à côté de ce groupe et de ce disque. Il valent véritablement que l'on s'intéresse à eux, et ont la substance de ce qui ne tombera pas dans l'oubli. Hans
TRACKLIST 1. We won't back down 2. Procession of Death 3. Back to the Other Side 4. Escape 5. The Perfect Lamb 6. Jimmy S. 7. End it all 8. Mass Inferno 9. Kill in Silence 10. Spit 11. This means nothing bonehouse
Tirée de l'excellent album "Aime le Maudit" (1993), une chanson sur le cas atypique de Sergueï Krikalev (ou Krikaliov), le dernier cosmonaute soviétique, qui a eu la surprise d'apprendre en 1991 la disparition de son pays, l'URSS, une fois redescendu sur Terre ! Le titre du morceau, "Gospodine", signifie "Monsieur", en russe. Ca fait référence au fait qu'on l'appelait auparavant "Tovaritch" ("Camarade"), mais qu'on l'a appelé "Gospodine" ("Monsieur") après son atterrissage... Tout un symbole.
Dernière révolution à sept mille lieues à l'heure Et Soyouz s'en retourne à la pesanteur Quand s'ouvrit l'écoutille et qu'ils m'agrippèrent Le doute m'envahit, je n'étais plus sur Terre J'attendais sur ma bouche sa virile embrassade Mais il me tend la main, ce n'est pas mon camarade Des mots qu'il prononce, je comprends l'essentiel Mais le discours qu'il tient n'a plus rien d'officiel Gospodine Krikalev bienvenue en C.E.I. Qu'ai-je donc commis pour qu'il me traite ainsi ? Soyouz a du rebondir en touchant l'atmosphère Je me suis sans doute posé hors du système solaire Cosmodrome hérissé de drapeaux inconnus Vladimir Oulianov n'y a pas de statue Gospodine Krikalev bienvenue en C.E.I. A combien d'années-lumière se trouvait mon pays ? Personne pour m'épingler la médaille au revers Celle du héros de la patrie des prolétaires
Un syndrome étrange sévit chez l'habitant La cité des étoiles telle un bazar afghan Rien ici n'échappe à tous ces mécréants Jusqu'à mon astronef proposé à l'encan
Gospodine Krikalev je suis l'hôte pour longtemps De la Communauté des Etats Indépendants